dimanche, janvier 24, 2021
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2020 : UNE ANNEE POLITIQUEMENT MOUVEMENTEE EN AFRIQUE DOMINEE PAR DES ELECTIONS CONTESTEES

Du point de vue politique, de nombreuses élections souvent émaillées de violences ont rythmé l’année 2020, malgré la pandémie de Covid-19. Le second tour au Niger entre Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane ainsi que la réélection de Faustin Archange Touadéra en République centrafricaine (RCA) viennent clore une année politiquement chargée sur le continent.

Dans le pays sahélien, plusieurs personnes à travers le monde ont salué la décision du président sortant, Mahamadou Issoufou, de respecter la Constitution en s’en tenant à ses deux mandats. Son dauphin Bazoum, candidat du pouvoir, indiquait vouloir s’inscrire dans la « continuité » s’il est élu. Mais il ne réalisera pas le « coup K.O. » promis face à 29 candidats de l’opposition dont l’ex-président Mahamane Ousmane. Au terme du premier tour organisé le 27 décembre, il a récolté 39% des voix contre 17% pour Ousmane. Ils seront départagés le 21 février prochain lors du second tour. En Centrafrique, Faustin Archange Touadéra est parvenu à se faire réélire à hauteur de 53,92%. En dépit d’un contexte sécuritaire actuellement tendu par les mouvements de rebelles dans le pays, 76% des électeurs sont sortis voter.

En 2020, les citoyens togolais, burundais, burkinabè, guinéens, ivoiriens et ghanéens ont également accompli leur devoir civique. Non sans quelques heurts et contestations. D’abord au Togo, le 22 février, Faure Gnassingbé a été largement réélu pour un quatrième mandat avec 72,36% des suffrages exprimés et 18.37% pour le chef de file de l’opposition, Agbéyomé Kodjo. Ce dernier a dénoncé des fraudes et revendiqué la victoire. Il sera arrêté en avril, avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire.

Violentes réélections

Au Burundi, le général Évariste Ndayishimiye a succédé le 25 mai au président Pierre Nkurunziza, qui avait décidé de ne pas se représenter pour un quatrième mandat. Victime d’une attaque cardiaque, ce dernier est mort le 8 juin. Quelques jours seulement après la tenue de l’élection présidentielle. En Guinée et en Côte d’Ivoire, les réélections à un troisième mandat d’Alpha Condé et d’Alassane Ouattara, en octobre, se sont faites dans la violence. Pendant des mois, l’opposition guinéenne, menée notamment par Cellou Dalein Diallo, s’est mobilisée contre cette perspective. Mais la contestation, lancée en octobre 2019, a été durement réprimée. Amnesty a noté qu’« au-moins 50 personnes » ont été tuées durant les manifestations. Pour la Côte d’Ivoire, Human Rights Watch indiquait que « plus de 50 personnes ont été tuées depuis l’élection présidentielle ». Le décès en juillet du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, alors candidat désigné, a amené Ouattara à faire volte-face. Il invoque un « cas de force majeure » et un « devoir citoyen ». Malgré de vives contestations, il sera réélu au premier tour avec 94,27% des voix lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Au Burkina Faso, la réélection au premier tour de Roch Marc Christian Kaboré a causé moins de tension. Ses principaux adversaires, comme Zéphirin Diabré, l’ont félicité après le scrutin. Au Ghana, Nana Akufo-Addo a été réélu en décembre pour un second mandat. Au terme d’une lutte serrée, il a battu son adversaire historique John Mahama, qu’il affrontait pour la troisième fois. Celui-ci a annoncé dans la foulée qu’il contestait les résultats alors que le pays est considéré comme un modèle achevé de démocratie en Afrique. La chute d’IBK Le renversement du président malien Ibrahim Boubacar Keïta fait partie des évènements phares en 2020. Au terme de plusieurs mois de manifestations de civils pour son départ, les militaires ont pris le pouvoir avant de le contraindre à la démission dans la nuit du 19 août. La mutinerie, partie de la base militaire de Kati, est dirigée par le colonel Assimi Goïta, aggravant ainsi la crise dans laquelle était plongé le pays confronté à la menace jihadiste. Goïta formera avec d’autres officiers le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP). Mais sous la pression de la communauté internationale, les militaires ont finalement remis le pouvoir, entre septembre et octobre, à un gouvernement intérimaire. Il est censé diriger le pays pendant 18 mois avant la tenue d’élections. Un mois après le coup d’État, l’ancien ministre de la Défense Bah Ndaw a été nommé président du Mali par intérim.

L’année 2020 dans ce pays ouest-africain, c’est aussi la libération d’otages dont Soumaïla Cissé en octobre dernier. Le chef de file de l’opposition a été kidnappé le 25 mars alors qu’il était en campagne pour les Législatives dans son fief électoral de Niafounké. Mais l’ex-président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) est décédé de la Covid-19 le 25 décembre en France où il avait été transféré pour soins. D’autres personnalités politiques de premier plan du Mali sont aussi mortes. C’est le cas des anciens présidents Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré (ATT).

Conflit éthiopien

Le Premier ministre Abiy Ahmed a déclenché une opération militaire le 4 novembre contre le Front de Libération du Peuple du Tigré (TPLF). Une région semi-autonome située au nord du pays. Le conflit est né de la volonté d’Ahmed de mettre fin, courant 2019, au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994. Cette situation provoque l’affaiblissement par le gouvernement éthiopien de la position de l’ethnie tigréenne dirigée par le TPLF. Refusant son intégration au sein du Parti de la prospérité du Premier ministre fédéral, le TPLF conduit des élections séparées avant d’entrer en rébellion. Mais après plusieurs semaines de combats, le gouvernement éthiopien a affirmé, le 28 novembre, avoir repris le contrôle du Tigré, dont sa capitale Mekele.

kemebrama@hotmail.com

Source ; APA

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