samedi, avril 20, 2019
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APRES LA CHUTE D’OMAR AL-BACHIR, LA CONFUSION REGNE AU SOUDAN

Le pays est-il engagé dans une forme de transformation ou, déjà, englué dans une forme sophistiquée de restauration ? La question fait l’objet d’une lutte complexe pour déterminer les fondamentaux qui vont présider à la suite des événements.

A bien regarder le profil des généraux qui, au sein du Conseil militaire de transition (TMC), doivent influer sur la manière dont va être géré le Soudan après le départ du président Omar Al-Bachir, il est raisonnable de se demander si le pays est, bel et bien, engagé dans une forme de transformation ou, déjà, englué dans une forme sophistiquée de restauration. La question, lundi 15 avril, demeure ouverte, objet d’une lutte complexe pour déterminer les fondamentaux qui vont présider à la suite des événements.A la tête du TMC – groupe de dix officiers supérieurs formé à la hâte quand il est devenu évident que, face à la pression de la rue, Omar Al-Bachir devait quitter le pouvoir –, le général Abdel Fattah Al-Burhan Abdelrahmane a pour lui d’être peu connu du public. Cela lui rend la vie moins difficile que celle de son prédécesseur à la tête de ce qui, dans un premier, ressemblait à une junte en bonne et due forme : le général Ibn Aouf avait été contraint à la démission, une journée seulement après la chute d’Omar Al-Bachir.

Depuis, il est censé avoir été mis à la retraite. Cet homme incarne plus les travers des généraux du régime Bachir que les espoirs des manifestants, ou ceux de l’Association des professionnels du Soudan (SPA). La SPA fait partie d’une coalition, la Déclaration pour la liberté et le changement, qui appelle à continuer de manifester, tant il est clair que l’épreuve de force n’est pas terminée.

Véritables intentions de l’armée

Le TMC, depuis samedi, consulte les forces politiques du pays, afin de déterminer la forme constitutionnelle à donner à la transition. Il s’efforce aussi de neutraliser le NISS (les services secrets). Les généraux penchent en réalité pour conserver la haute main sur le pouvoir, tout en consentant à ce qu’un gouvernement civil, sous la direction d’un premier ministre, soit nommé. La Déclaration pour la liberté et le changement exigeait que le Soudan soit dirigé par un président, civil bien entendu. Mais si une formule avec un premier ministre devrait peut-être retenue, il faudrait pour cela s’entendre sur un nom. Mais les militaires ont organisé, dimanche, une consultation avec des partis qui s’étaient compromis avec l’ancien régime, et qui brouillent les cartes, en poussant plusieurs candidatures…

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