mercredi, septembre 19, 2018
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CARNET DE ROUTE : FARNIENTE À LOKOLI, UN SITE PARADISIAQUE

Ce carnet de route, le deuxième de notre reportrice, Mawa Soumahoro épouse Bakayoko, nous conduit cette fois-ci dans la région du poro avec pour capitale Korhogo.

Cette écrivaine habituée à la fiction nous fait découvrir à travers son regard les merveilles vraies de notre pays, inconnues du grand public.

Dégustons ensemble ce récit à caractère exotique.

Nous arrivons vendredi après-midi à Korhogo, la première grande ville du grand nord en provenance de la région du Gbêkê.

Avec une route émaillée d’incalculables nids de poules, la traversée est plus ou moins cahoteuse comparée au précédent tronçon, Bouaké-kanawolo.

Nous sommes frappés par l’aspect général de la ville que nous pouvons qualifier de ville moderne en plein boom immobilier.

En effet avec de grandes artères au bitume impeccable surmonté de lampadaires fonctionnels, des immeubles à l’architecture révolutionnaire, bien de notre temps, Korhogo avance allègrement vers une émergence palpable.

Dotée de complexes hôteliers révolutionnaires, la capitale du poro peut dormir tranquille en recevant une manifestation d’envergure nationale. Notre hôte nous loge à la rose blanche, un hôtel ultramoderne, high-tech même dans les moindres détails.

Une seule nuit prévue à Korhogo, rien qu’un passage au programme dans cette cité à l’hygiène appréciable. En effet, Korhogo est une ville propre avec ses milliers de motocyclistes respectant les feux tricolores. Une grande campagne de sensibilisation a dû passer par là avec certainement des amendes giflantes pour ainsi discipliner mes petits esclaves senoufo. En tout cas, ça marche !

Le matin après le buffet copieux du petit déjeuner de l’hôtel, nous nous rendons au village artisanal des tisserands à waragnéré à 5km, question de toucher du doigt la réalité des magiciens du tissage du pagne traditionnel. Rien qu’à la joie des enfants de monter sur le métier à tisser, nous sommes satisfaits de ce programme.

Nous repartons après apprentissage et discussion âpre sur les prix des produits, les bras chargés de vêtements, sacs tissés.

Nous traversons rapidement Korhogo pour notre grande découverte, la ferme de Lokoli.

En cours de chemin, nous nous trompons de bifurcation après Sinématiali et aboutissons sur une voie coupée par la pluie. Après renseignements, nous rebroussons chemin et repassons deux fois devant le petit cimetière de Sinématiali, pour reprendre la bonne voie, à moins d’un kilomètre plus loin.

Émerveillés, nous sommes quand nous atteignons le pâturage à bœuf de cette ferme complètement immergée dans la savane, loin de tout. Un endroit avec les commodités modernes en pleine brousse. Cette ferme fait l’effort de l’écologie, avec l’énergie solaire, son propre forage d’eau potable.

Même les vaches sont mises à contribution par l’apport en engrais pour la pelouse. Au bord du fleuve Bandama le promoteur est en train de recréer ces endroits paradisiaques enviés aux grandes nations.

Et pourtant nous sommes bel et bien en Côte d’Ivoire.

Loin de tout, sans aucun bruit, loin des pots d’échappements, le corps et l’esprit se prélassent.

Les chambres climatisées, très grandes offrent le confort pour une excellente nuit à des prix vraiment raisonnables.

Une table plus que bien, avec le chef cuisinier qui fait des merveilles. En y venant choisissez simplement leur poisson. J’ai succombé à sa fraîcheur et à ce goût exquis qui se perd dans les cartons de poissons importés.

Après deux nuits plongées dans la savane, nous quittons YOCOLI avec cette suggestion au gérant « il faut vraiment revoir la prestation du personnel et renforcer leurs réactivités et capacités d’action face à la clientèle. Avec un tel investissement du promoteur, il faut impérativement que le personnel suive la cadence »

Nous remontons à voiture pour la troisième étape, non des moindres, Tomono du canton kagnéné dans la région du Béré…les enfants tout excités vont fouler les terres ancestrales de leurs pères. Zouuuuuuuu pour Tomono.

NB : l’étape de Tomono a déjà fait l’objet du premier article

Mahoua Bakayoko