jeudi, octobre 29, 2020
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CONFLIT EN MEDITERRANEE: ERDOGAN MET EN GARDE LA GRECE CONTRE TOUTE « ERREUR » MENANT SA « RUINE »

Une photo distribuée par le ministère grec de la Défense le 26 août 2020 montre des membres de la marine grecque lors d’un exercice militaire en Méditerranée orientale, le 25 août 2020.

La tension entre Athènes et Ankara est montée d’un cran, mercredi, au sujet des revendications territoriales en Méditerranée. Le président turc a déclaré qu’il « prendrait ce qui lui revenait de droit », appelant la Grèce à se garder de commettre toute « erreur » qui mènerait à sa « ruine ».

La Turquie ne fera « aucune concession » pour défendre ses intérêts gaziers en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi 26 août le président Recep Tayyip Erdogan, appelant la Grèce à se garder de commettre toute « erreur » qui mènerait à sa « ruine ».

« La Turquie prendra ce qui lui revient de droit en mer Noire, en mer Egée et en Méditerranée […] Nous ne ferons absolument aucune concession sur ce qui nous appartient », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours martial. « Pour cela, nous sommes déterminés à faire tout ce qui est nécessaire sur les plans politique, économique et militaire », a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent en pleine escalade des tensions entre Ankara et Athènes en Méditerranée orientale, où la découverte d’importants gisements gaziers ces dernières années a aggravé des disputes anciennes entre ces deux pays voisins concernant leurs frontières maritimes.

Manœuvres navales rivales

La Turquie a déployé depuis le 10 août un navire de recherche sismique accompagné d’une escorte militaire dans une zone revendiquée par Athènes, provoquant l’ire de la Grèce qui a également déployé des bâtiments dans la région.

« Nous invitons nos interlocuteurs à […] se garder de toute erreur qui ouvrirait la voie à leur ruine », a lancé Recep Tayyip Erdogan, dans une allusion à la Grèce qu’il n’a toutefois pas nommée.

Le discours au vitriol de Recep Tayyip Erdogan intervient au lendemain d’un déplacement à Athènes et Ankara du chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, dont le pays s’efforce d’apaiser les tensions par une médiation.

Ankara est prêt au dialogue, mais seulement si Athènes ne pose aucune « condition préalable », a indiqué, mardi 25 août, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

Sur le terrain, la situation semble explosive, Ankara et Athènes, deux membres de l’Otan aux relations historiquement délicates, ayant mené mardi des manœuvres navales rivales.

Exercice militaire européen 

La Grèce, la France, l’Italie et Chypre doivent en outre conduire de mercredi à vendredi un exercice militaire conjoint en Méditerranée orientale, au Sud de la Crète et de Chypre.

La France, qui soutient la Grèce dans cette dispute, a déclaré mercredi que la Méditerranée ne devait pas être « un terrain de jeu » pour des « ambitions de certains ». « La Méditerranée (…) est un bien commun » où « le respect du droit international doit être la règle et non l’exception », a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly dans un tweet, confirmant le début de cet exercice militaire conjoint.

Reprochant à Athènes de vouloir rallier l’Union européenne contre Ankara, Recep Tayyip Erdogan a affiché mercredi un air de défiance.

« La Turquie n’est plus un pays dont la patience, la détermination, les moyens et le courage peuvent être testés (…) Ceux qui veulent s’opposer à nous et qui sont prêts à en payer le prix, qu’ils le fassent. Sinon, qu’ils s’écartent de notre chemin » », a-t-il déclaré.

AFP 

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