CONFLIT ENTRE LE PKK ET ANKARA : « LA TURQUIE RISQUE DE FINIR COMME LA SYRIE »

Par france24.com

Publié le 16.03.2016

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Les forces turques et les combattants indépendantistes du PKK se livrent une guerre à huis clos depuis le mois d’août dans plusieurs villes de l’est de la Turquie, région à majorité kurde. Les civils en payent le prix fort.

L’heure est au règlement de compte. Dimanche 13 mars, une voiture piégée a explosé contre un bus municipal dans le quartier très fréquenté de Kizilay, à Ankara, tuant au moins 37 personnes et en blessant 125 autres. Le mode opératoire a été similaire à celui du précédent attentat qui avait visé dans la même ville, le 17 février, deux bus de l’armée. Mais cette fois-ci, ce sont des civils qui ont été ciblés.

Comme en février, la Turquie n’a pas attendu que l’attentat soit revendiqué pour accuser les rebelles kurdes. Le ministère turc de l’Intérieur a affirmé mardi que l’auteure présumée de l’attentat de dimanche était une rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), liée aux combattants kurdes de Syrie. Ankara avait de toute façon anticipé sur les représailles en bombardant, la veille, des bases du PKK dans le nord de l’Irak. Et selon l’agence de presse turque Anatolie, une dizaine de personnes ont été arrêtées lundi, dont quatre au moins dans la ville de Sanliurfa, dans le sud-est à majorité kurde, en proie à une vaste offensive turque depuis plusieurs mois.

La spirale de la violence

Le 24 juillet, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan déclarait la guerre au « terrorisme », visant aussi bien l’organisation État islamique en Syrie que le PKK – son ennemi historique – dans le nord de l’Irak, mais également à l’est de la Turquie. Dans la foulée, des déclarations d’ »autonomie » kurdes s’élevaient dans plusieurs villes du sud-est et le PKK appelait ses hommes à reprendre les armes. La hache de guerre était déterrée.

« La Turquie est prise dans une spirale de la violence depuis que la trêve entre le PKK et l’AKP [parti au pouvoir, NDLR] est tombé à l’eau en juillet. Depuis, c’est une surenchère qui n’est pas près de se tarir. Pire, c’est une guerre civile qui est en train d’atteindre l’ouest du pays et d’affecter des civils, ce qui n’était pas arrivé depuis 1984″, analyse pour France 24 Cengiz Aktar, professeur de sciences politiques à l’université Bahçesehir d’Istanbul.

En 1984, le PKK s’était engagé dans la lutte armée pour obtenir la création d’un État kurde indépendant. Les forces de sécurité turques avaient répondu par la répression et le conflit avait fait plus de 37 000 morts. S’ensuivit dans les années 1990 une politique de terre brûlée par l’armée turque dans le sud-est anatolien, qui avait contraint à l’exil plus de 2 millions de personnes. Les violences sont retombées après l’arrestation, en 1999, d’Abdullah Öcalan, leader historique du PKK, et elles ont cessé avec le processus de paix entamé en 2013 entre le PKK et l’AKP. Mais en juillet, ces pourparlers ont volé en éclats et le démon des années 1990 s’est réveillé.

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