mercredi, juin 19, 2019
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EGYPTE : UNE LOI SUR LES MÉDIAS SOCIAUX ET LES « FAKE NEWS » FUSTIGÉE PAR LES OPPOSANTS DE AL SISSI

Ses partisans louent ses effets salutaires pour la préservation de la

liberté d’expression, contrairement à ses détracteurs qui fustigent

sa visée oppressive des plus sournoises, la loi sur les médias

sociaux adoptée lundi par le parlement égyptien est applaudie des

deux mains ou conspuée, selon que l’on soit du côté des pro ou des

anti-Sissi.

Laissant les coudées franches aux pouvoirs publics pour bloquer

les réseaux sociaux et les poursuivre en justice, y compris les

géants Facebook ou Twitter, empêcher que les « fake news » s’y

répandent et sanctionner les journalistes tenus responsables de

leur création et propagation, l’esprit et la lettre de loi, marquée du

sceau du despote Abdel Fattah al-Sissi, ne trouvent un écho

favorable qu’au sein de ses fervents sympathisants.

Supervisée par la Haute Autorité chargée de l’administration des

médias dont le responsable a été nommé par l’homme fort du pays,

la loi contre les informations fallacieuses masque mal ses intentions

douteuses pour ses farouches opposants. A leurs yeux, elle est le

fait du prince et poursuit un double objectif pernicieux : étendre le

pouvoir étatique sur les médias sociaux, tout en donnant un cadre

légal à une répression de la dissidence qui ne dit pas son nom.

Sherif Mansour, coordonnateur du programme pour la protection
des journalistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, n’a pas de
mots assez forts pour dénoncer le libellé de la loi dont il est
convaincu qu’il donnera lieu à des interprétations forcément
partiales et à des dérives tyranniques, éminemment liberticides :
« ce pouvoir d’interprétation est un puissant et redoutable outil
juridique et exécutif, qui n’est utilisé que pour justifier des mesures
excessives, agressives et exceptionnelles, et s’attaquer aux
journalistes », a-t-il condamné vigoureusement auprès de l’agence
Reuters.

Au cours de ces derniers mois, des centaines de sites d’information

et de blogs ont été bloqués d’une main de fer par les autorités

égyptiennes, tandis qu’une douzaine de personnes étaient

interpellées, parmi lesquelles figuraient des journalistes et autres

bêtes noires du gouvernement. Tous étant accusés d’avoir généré

et colporté des « fake news », selon la définition pour le moins

sujette à caution, pour ne pas dire fallacieuse, qu’en donne

l’Egypte placée sous la férule d’Al-Sissi.

 

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