dimanche, avril 5, 2020
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PRIMAIRES DÉMOCRATES : JOE BIDEN JOUE SA SURVIE POLITIQUE EN CAROLINE DU SUD

 

L’ex-vice-président de Barack Obama doit remporter la primaire de Caroline du Sud, samedi 29 février, pour se relancer après un départ laborieux. Une nouvelle défaite pourrait lui coûter cher.

En effet, Joe Biden joue gros en Caroline du Sud, dans le cadre des primaires démocrates : après deux déroutes, dans l’Iowa et le New Hampshire, et un sursaut dans le Nevada, il doit prouver samedi 29 février qu’il est encore une option crédible pour porter le flambeau des démocrates modérés et endiguer la vague Sanders. La Caroline du Sud, avec son électorat afro-américain, est la dernière carte de l’ex-vice-président de Barack Obama.

L’héritage de Barack Obama

En Caroline du Sud, Joe Biden a un allié de poids : Barack Obama. Si l’ancien président n’a pas pris position dans la course à l’investiture démocrate, il est, via des images d’archive, de toutes les publicités de son ex-numéro 2 dans cet État où plus de la moitié de l’électorat démocrate est afro-américain.

Sur les écrans de télévision, les deux hommes apparaissent travaillant ensemble en 2008-2009 pour mettre sur pied la réforme du système de santé voulue par le prédécesseur de Donald Trump, réforme historique à défaut d’être révolutionnaire. Plus récemment, une publicité attaquait Bernie Sanders, coupable d’avoir songé, en 2012, à une candidature contre Barack Obama lors des primaires démocrates.

La stratégie de Joe Biden est limpide. Il s’agit de miser sur sa proximité avec le premier président noir des États-Unis pour convaincre l’électorat afro-américain de Caroline du Sud. À quelques jours du vote, elle semble payante : malgré la remontée de Bernie Sanders, Joe Biden est toujours en tête des sondages à l’approche de la primaire de samedi, avec près de 30 % des intentions de vote.

Le candidat anti-Sanders

La démarche de Joe Biden ne correspond pas uniquement à un calcul électoral. Il s’agit aussi de proximité idéologique : l’ancien sénateur de 77 ans incarne une ligne modérée dans la droite ligne de Barack Obama. Il n’entend pas, par exemple, supprimer « l’Obamacare » et les assurances privées pour passer, comme le propose Bernie Sanders, à un système de santé à l’européenne, confié à l’État. Il n’envisage pas non plus la gratuité des universités publiques ou l’annulation de la dette étudiante, mais la multiplication des bourses.

« Ce que défend Joe Biden, en un mot, c’est un troisième mandat de Barack Obama », résume Ray La Raja, professeur de sciences politiques à l’université du Massachusetts à Amherst. C’est ce qui lui vaut les faveurs de l’establishment démocrate, convaincu par ailleurs que Joe Biden, apprécié des cols bleus, est le mieux placé pour battre Donald Trump.

Mais les déroutes subies dans l’Iowa et le New Hampshire et ses gaffes à répétition lors des débats et meetings – « Je m’appelle Joe Biden, je suis candidat démocrate au Sénat américain », a-t-il récemment déclaré lors d’un discours de campagne – ont fait plonger la cote de Joe Biden, qui avait entamé l’année 2020 dans le rôle du favori. Le sursaut du Nevada, où il a fini deuxième le 22 février, doit être confirmé en Caroline du Sud s’il veut espérer être le candidat modéré qui pourrait stopper Bernie Sanders.

Michael Bloomberg et le « Super Mardi »

Après près d’un mois de course, la question est aussi, pour les prétendants ne pouvant compter sur une fortune personnelle, une question d’argent : les donateurs croient-ils encore suffisamment en eux pour continuer à alimenter leurs caisses ? En particulier, les candidats ont-ils les moyens de rivaliser avec le milliardaire Michael Bloomberg, qui monopolise les ondes et les réseaux sociaux ?

Selon le site fivethirtyeight.com fondé par Nate Silver, spécialiste de l’analyse des données politiques, Michael Bloomberg aurait déjà dépensé en publicité plus de 360 millions d’euros, contre moins de 5 pour Joe Biden. De quoi faire grimper dans les sondages celui qui occupe le même espace politique que Joe Biden – la modération anti-Sanders.

S’il est omniprésent sur les ondes, l’ancien maire de New York ne rentrera dans la course que le 3 mars, à l’occasion de « Super Mardi », quand quatorze États, dont des poids lourds comme la Californie et le Texas, voteront. Des États où Joe Biden est désormais talonné par Michael Bloomberg. Il y a déjà urgence pour l’ex-vice-président de Barack Obama.

Gilles Biassette, le 28/02/2020

 

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