mardi, décembre 18, 2018
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PROCÈS GBAGBO : DEVANT LA CPI, LA DÉFENSE ÉVOQUE L’ABSENCE DE PREUVE

À La Haye, aux Pays-Bas, c’est la reprise du procès devant la Cour pénale internationale de Laurent Gbagbo, ancien chef d’Etat ivoirien, et de Charles Blé Goudé, ex-leader du Congrès panafricain des jeunes patriotes. Tous deux sont jugés pour des faits relevant de crimes contre l’humanité, concernant les violences postélectorales en Côte d’Ivoire en 2010-2011. Ce lundi matin, ce sont les avocats de Laurent Gbagbo qui avaient la parole et la défense a plaidé l’acquittement. Son argument : le procureur n’a pas suffisamment de preuves.

Pour la défense, le procureur n’est pas parvenu à étayer sa thèse, à savoir l’existence d’un « plan commun », élaboré par un « cercle restreint », visant à se maintenir au pouvoir. Et c’est pour se maintenir au pouvoir que ce « cercle restreint » aurait commis des violences contre des civils.

Or pour la défense, l’accusation n’a à aucun moment défini de manière claire la nature de ce plan commun. Pour Me Altit, toute l’accusation s’appuie sur des présupposés, mais ne livre aucune preuve directe : « C’est le même procédé intellectuel que le procureur a utilisé tout au long de sa réponse écrite et de son exposé oral. En laissant entendre de façon constante que l’absence de preuve directe de l’existence d’un soi-disant plan commun constituerait en fait la preuve de l’existence de ce plan commun. Autrement dit, une absence de preuve est, pour lui, la preuve évidente d’un complot. Les seuls ordres dont il est fait état dans le dossier sont des ordres normaux donnés par des gradés de l’armée et des gradés de police à leurs subordonnés en vue de prévenir les attaques des groupes de rebelles lourdement armés contre les institutions ou en vue de défendre la population ».

« Le procureur n’a rien, tout est construit sur du sable mouvant », a conclu avec ironie Me Baroin, un autre conseil de l’ancien président ivoirien, qui durant toute la matinée est resté concentré, impassible. Ce lundi, la défense tente donc d’expliquer pourquoi elle estime que les preuves et les témoins présentés par l’accusation ne sont pas crédibles.

RFI