mercredi, octobre 28, 2020
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S.E. M WANG YI, (MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE CHINE) : LE COVID-19 EST L’ENNEMI COMMUN DE L’HUMANITÉ AUCUN PAYS NE PEUT LE BATTRE SEUL

INTERVIEW

La session annuelle de l’Organe Législatif National de Chine (Assemblée Populaire Nationale, dite APN, et la Conférence consultative politique du peuple chinois, dite CCPPC) se tiennent t actuellement à Beijing.

En cette occasion, le dimanche le 24 mai, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires Étrangères de Chine, S. E. Monsieur WANG Yi, a répondu aux questions des journalistes sur la diplomatie chinoise.

Plume libre revient sur cette interview dans ses détails .Compte tenu de l’intérêt de cette interview, nous allons la segmenter en quatre grandes parties, chaque partie constituant un thème

La partie première partie va porter sur le Covid-19 et la stratégie nationale et internationale de la Chine pour lutter contre cette pandémie

1 Quotidien du Peuple : Quel est l’enseignement le plus important que nous pourrons tirer de la lutte contre le COVID-19 ?

Wang Yi : L’enseignement le plus important tiré de notre lutte, c’est que les peuples du monde n’ont jamais été aussi étroitement liés pour ce qui est de la vie et de la santé, et que nous n’avons jamais aussi profondément réalisé que nous vivons dans un village planétaire et que nous sommes une communauté d’avenir partagé.

Le virus ne connaît pas de frontière ni d’ethnie. Il lance un défi à toute l’humanité. La manipulation politique ne profite qu’au virus. Le chacun pour soi au détriment des Autres n’entraîne que l’échec de chacun devant le virus. Le mépris de la science ne fait que favoriser la diffusion du virus. Comme le Président Xi Jinping l’a affirmé au monde à plusieurs reprises, le virus est l’ennemi commun de l’humanité. Ce n’est que par la solidarité que nous pourrons le vaincre, car la solidarité et la coopération sont l’arme la plus puissante.

Le virus, qui a fait perdre tant de vies, nous fait comprendre combien il est important pour les pays de transcender leurs différences en terme de région, d’ethnie, d’histoire, de culture et de système social et d’œuvrer main dans la main pour construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, afin de préserver ensemble la planète Terre, notre seul foyer commun. Pour ce faire, il est important d’accélérer la construction de la communauté de santé pour l’humanité. La Chine, par son grand sens des responsabilités, est prête à y apporter sa contribution.

  1. Agence Xinhua : Avec le COVID-19, le monde ne sera plus comme avant. Comment la Chine voit-elle le monde de l’après-COVID-19 et l’avenir de la mondialisation ?

Wang Yi : Le monde ne sera évidemment pas comme avant, parce que l’Histoire va de l’avant. L’histoire du développement du monde montre que c’est au travers des luttes contre les grandes catastrophes que l’humanité se développe et progresse. La Chine estime que si les différents pays peuvent faire le bon choix et suivre la bonne orientation, notre monde vaincra certainement le COVID-19 et aura un avenir plus radieux.

Tout d’abord, la Mondialisation a besoin d’un développement plus inclusif et bénéfique pour tous. Elle est une tendance nécessaire qui contribue au développement du monde et un courant impétueux qui pousse l’humanité vers le progrès. La Mondialisation économique est comme un océan qui reçoit toutes les rivières et qui ne redeviendra jamais des lacs isolés les uns des autres. Rejeter la Mondialisation et reprendre le protectionnisme ne mèneront nulle part.

Tout en travaillant à une répartition globale raisonnable des ressources pour le meilleur rapport coût/bénéfice, nous devons aussi veiller davantage à remédier aux problèmes causés par la Mondialisation, tels que les disparités croissantes de richesses ou le déséquilibre de développement régional. Les problèmes surgis dans le processus de la Mondialisation ne peuvent être résolus que par le développement de la Mondialisation, et cela appelle des efforts actifs pour l’orienter. Dans son discours de 2017 à Davos, le Président Xi Jinping a présenté de manière exhaustive le point de vue de la Chine sur la Mondialisation et appelé à bâtir une mondialisation économique plus ouverte, inclusive, équilibrée et bénéfique à tous. Relire cette analyse aujourd’hui nous fait découvrir toute sa profondeur et sa force.

Deuxièmement, le multilatéralisme doit être préservé et développé avec une plus grande détermination. Comme les faits l’ont montré DANS LA LUTTE CONTRE LE COVID-19, AUCUN PAYS, AUSSI PUISSANT SOIT-IL, NE PEUT S’EN SORTIR SEUL. Celui qui assiste les bras croisés aux malheurs d’autrui finira par se laisser rattraper par le malheur. Et celui qui profite des difficultés des autres perdra toute sa crédibilité. Se prendre pour le nombril du monde et rejeter les responsabilités sur autrui non seulement n’aideront pas à résoudre ses propres problèmes, mais aussi porteront atteinte aux droits et intérêts légitimes des autres pays. Face aux défis planétaires qui se multiplient, la communauté internationale doit poursuivre le multilatéralisme pour pouvoir dégager une synergie, et seules la solidarité et la coopération nous permettent de surmonter les difficultés du moment.

Troisièmement, la gouvernance mondiale a besoin d’être réformée et perfectionnée de manière plus ciblée. Le COVID-19 a révélé les failles des systèmes nationaux de santé publique, la fragilité des chaînes mondiales industrielles et d’approvisionnement, et des insuffisances des capacités et systèmes de gouvernance mondiale. Réformer et perfectionner la gouvernance mondiale est donc un impératif urgent pour la communauté internationale. Pour ce faire, nous devons mieux valoriser le rôle central des Nations Unies et les mandats de l’OMS et des autres institutions spécialisées, renforcer de manière plus ciblée la coordination des macro politiques et les capacités de gouvernance de tous les pays, et respecter plus résolument le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales.

Le monde ne peut pas revenir en arrière. Et la Chine, elle non plus, n’arrêtera pas d’avancer. Le système de société et les capacités de gouvernance de la Chine ont résisté à l’épreuve du COVID-19. Sa puissance globale a fait ses preuves. Et elle a joué son rôle de grand pays avec son sens des responsabilités. L’économie chinoise sortira du COVID-19 plus résiliente et la nation chinoise, plus unie. Le peuple chinois sera plus déterminé à suivre la voie du socialisme aux couleurs chinoises, et le processus historique de la réalisation par la nation chinoise de son grand renouveau affichera un élan encore plus fort.

  1. China Daily : La Chine apporte des soutiens et aides à beaucoup de pays pour lutter contre le COVID-19. Mais il y a aussi des voix qui remettent cela en cause. Comment y répondez-vous ?

Wang Yi : Au moment difficile de notre combat contre le COVID-19, nous avons pu bénéficier de l’aide et du soutien de la communauté internationale. Nous ne l’oublierons jamais et en exprimons notre profonde gratitude.

Afin de mettre en œuvre le concept de la communauté d’avenir partagé pour l’humanité avancé par le Président Xi Jinping, nous avons mené ces derniers mois la plus grande opération humanitaire d’urgence à l’échelle mondiale dans l’histoire de la Chine nouvelle. Jusqu’aujourd’hui, nous avons apporté à près de 150 pays et à quatre organisations internationales des aides d’urgence pour répondre à leurs besoins urgents. Nous avons organisé pour plus de 170 pays des visioconférences entre des experts médicaux pour partager sans réserve nos expériences de traitement et nos plans de prévention et de contrôle qui ont fait leurs preuves. Nous avons envoyé 26 groupes d’experts médicaux pour des échanges et expertise en face-à-face à 24 pays qui en avaient un besoin urgent. Nos usines, avec un souci constant de la qualité des produits, tournent à plein régime pour fabriquer du matériel et des équipements médicaux pour le besoin urgent du monde entier, dont 56,8 milliards de masques chirurgicaux et 250 millions de combinaisons de protection, pour ne citer que ces deux produits.

Si la Chine a fait cela, c’est tout d’abord parce que la nation chinoise est une nation qui a le sens de la gratitude. Nous renverrons la solidarité aux autres peuples qui nous en ont témoigné. La Chine est aussi un pays prêt à aider les autres. Nous n’assisterons jamais les bras croisés aux difficultés de nos amis. Lorsque l’Afrique a été frappée par l’épidémie d’Ebola et que beaucoup de pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants des zones infectées, la Chine y a envoyé au plus vite des équipes médicales et expédié rapidement des matériels d’urgence, et s’est battue aux côtés de nos frères africains jusqu’à la fin.

Nous savons que nos aides ne peuvent pas répondre aux besoins actuels de tous les pays. Nous savons aussi que certaines forces politiques ont donné des lectures négatives des aides de la Chine à d’autres pays. Mais nous avons la conscience tranquille, car nous n’avons rien à nous reprocher. En fournissant des aides à d’autres pays, la Chine ne recherche aucun objectif géopolitique ou intérêt économique. Et ces aides ne sont jamais assorties de condition politique.

Nous n’avons qu’un seul objectif : sauver autant de vies que possible. Nous avons toujours la conviction que la maîtrise du COVID-19 dans un seul pays ne signifie pas la fin de la maladie et que seule la victoire de tous est la victoire véritable.

Le COVID-19 continue de se propager dans les pays. La Chine n’est pas sauveur du monde, mais elle est toujours prête à aider. Elle est un partenaire sincère qui reste aux côtés de ses amis lorsqu’ils sont en difficulté. Nous sommes prêts à continuer à apporter des aides aux pays qui en ont besoin dans la mesure de nos possibilités et à approfondir la coopération internationale contre le COVID-19, pour qu’ensemble, nous remportions la victoire finale de cette lutte de l’homme contre le virus.

  1. Phoenix TV : La Chine est-elle d’accord pour une enquête internationale indépendante sur l’origine du virus ?

Wang Yi : Sur la question de l’origine du virus, la divergence entre la partie chinoise et certains politiciens américains est la distance entre la vérité et le mensonge, et le contraste entre la science et le préjugé. L’identification de l’origine du virus est une question scientifique sérieuse et complexe qu’il revient aux scientifiques et aux experts médicaux d’étudier. Cependant, certaines figures politiques aux États-Unis s’impatientent d’étiqueter le virus, de politiser l’identification de son origine et de stigmatiser la Chine. Elles ont surestimé leur capacité à répandre les rumeurs et sous-estimé la capacité de discernement du monde entier. L’Histoire doit s’écrire par les faits et la vérité. Elle ne doit pas être déformée et polluée par des mensonges. À nous de faire parler la conscience et la raison pour laisser à l’humanité une mémoire collective objective et exacte du récit de la lutte mondiale contre le COVID-19.

La Chine est ouverte à une coopération au sein du milieu scientifique international en matière de recherche sur le traçage de l’origine du virus, et ce processus doit être professionnel, impartial et constructif.

Être professionnel signifie que le travail d’identification doit avoir des fondements scientifiques, être piloté par l’OMS et permettre aux scientifiques et aux experts médicaux de mener des études dans le monde entier. L’objectif est de connaître davantage sur le plan scientifique les virus du même genre en vue de mieux répondre aux grandes maladies transmissibles à l’avenir.

Être impartial signifie que le travail d’identification doit se faire à l’abri de toute interférence politique, respecter l’égalité souveraine des États, rejeter toute « présomption de culpabilité », couvrir tous les pays étroitement liés au COVID-19 et rester ouvert, transparent, objectif et raisonnable.

Être constructif signifie que le travail d’identification ne doit ni empêcher de répondre à l’urgence du moment, celle de sauver des vies, ni affecter la coopération entre les différents pays, et encore moins, affaiblir le rôle qui revient à l’OMS. Il doit contribuer au renforcement des capacités des systèmes onusiens à remplir leurs mandats, à la solidarité et à la coordination entre les différents pays et au perfectionnement des systèmes et capacités de gouvernance mondiale en matière de santé publique.

  1. Radio Chine Internationale : Comment voyez-vous le rôle de l’OMS ? Quelle est la proposition de la Chine sur la réforme de l’organisation ?

Wang Yi : L’OMS est une institution spécialisée des Nations Unies et joue un rôle central de coordination dans la cause de la santé publique mondiale. Le Dr Tedros, son Directeur général élu à une large majorité, a la pleine confiance de la communauté internationale. Le fait qu’il vient du continent africain signifie que les pays en développement occupent une place de plus en plus importante au sein des organisations internationales.

Lors de la dernière Assemblée mondiale de la Santé, le Président Xi Jinping, dans son allocution à l’ouverture de l’événement, a salué la contribution importante de l’OMS à la lutte internationale contre le virus. Les différents pays ont aussi exprimé leur soutien ferme à l’organisation. La justice est dans le cœur de chacun. Le statut international et l’évaluation historique de l’OMS ne sauraient être remis en cause au gré de la volonté de tel ou tel pays. Celui qui cherche à salir l’OMS finira par se salir lui-même.

Depuis le début du COVID-19, sous la conduite de son Directeur général le Dr Tedros, l’OMS a toujours adopté, à chaque instant clé, une attitude scientifique, fourni à temps des recommandations professionnelles et bien accompli sa mission. Comme les faits l’ont montré, les pays qui ont pris au sérieux et bien suivi les recommandations de l’OMS dans leur combat contre le virus sont parvenus à contrôler efficacement la situation, tandis que ceux qui les ont négligées ou rejetées ont payé un prix lourd.

Je dois encore souligner que l’OMS est une organisation internationale composée de 194 États souverains. Elle ne sert pas exclusivement un pays particulier ni ne doit se soumettre à la volonté du pays qui donne le plus d’argent. Face au COVID-19, toutes les attaques et chantages contre l’OMS sont des actes dénués du minimum d’esprit humanitaire et ne seront pas acceptés par la communauté internationale.

Rien n’est plus précieux que la vie humaine. Notre premier souci doit être celui de sauver des vies. Soutenir l’OMS, c’est soutenir l’effort de sauver des vies. C’est un choix que tout pays de conscience doit faire.

Concernant la réforme de l’OMS, en réalité, après chaque grande épidémie, l’OMS dresse toujours un bilan complet. Ce que nous devons faire, c’est de poursuivre le multilatéralisme, et non de l’abandonner. C’est de soutenir l’OMS, et non de l’affaiblir. La résolution de la 73e Assemblée mondiale de la Santé a donné des explications claires en la matière. Nous estimons que l’on peut commencer par agir, en priorité, dans les trois domaines suivants : d’abord, au niveau institutionnel et réglementaire, il faut éliminer les interférences des facteurs politiques, respecter les avis scientifiques et professionnels, et s’abstenir de toute pratique de politisation et de stigmatisation. Ensuite, il faut donner plus de ressources à l’OMS pour accroître sa capacité à faire face aux crises mondiales de santé publique. Enfin, il faut adopter le concept de la communauté de santé pour l’humanité et accroître le soutien au renforcement des capacités en matière de santé publique des pays en développement.

kemebrama@hotmail.com

Source : sercom Ambassade de Chine en Côte d’Ivoire

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