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VATICAN : LE PAPE FRANÇOIS DENONCE LES EXACTIONS CONTRE DES PEUPLES A TRAVERS LE MONDE

Dans un livre publié dans plusieurs pays, dont en France le 2 décembre, le pape François évoque pour la première fois les Ouïghours, cette minorité chinoise qui est l’objet d’une violente discrimination.

Pour la toute première fois, le pape François évoque explicitement, dans Un temps pour changer, un livre publié début décembre dans plusieurs pays, la minorité ouïghoure, victime de discriminations de la part du gouvernement chinois dans la province du Xinjiang.

« Je pense souvent aux peuples persécutés : les Rohingyas, les pauvres Ouïghours, les Yazidis – ce que Daesh leur a fait est proprement cruel — ou les chrétiens d’Égypte et du Pakistan tués par des bombes qui ont explosé pendant qu’ils priaient à l’église », affirme-t-il.

Jusqu’alors, le pape n’avait jamais mentionné cette minorité, dont les défenseurs des droits de l’homme affirment régulièrement qu’elle est l’objet de persécutions de la part du gouvernement chinois. Aucun document public du Vatican ne les avait jamais mentionnés.

Récemment, un rapport de l’Institut australien de politique stratégique avait par exemple informé que 16 000 mosquées avaient été détruites dans cette région, peuplée par cette ethnie musulmane. Une suspicion qui s’ajoute à celle de l’internement d’un million de Ouïghours dans des camps.

Ferme prise en main sécuritaire

L’immense territoire du Xinjiang, semi-désertique mais riche en ressources naturelles, fait l’objet d’une ferme prise en main sécuritaire au nom de la lutte antiterroriste et d’une politique de « sinisation » menée par le gouvernement central.

Une prise de parole du pape très attendue, alors que certains observateurs s’interrogent depuis plusieurs mois sur ce qu’ils estiment être un silence de François sur le traitement de la minorité ouïghoure et la reprise en main de Hong Kong par le gouvernement chinois.

La question de la Chine est sensible au Vatican

« Je comprends que le pape ne veuille pas parler par crainte d’être instrumentalisé. Mais il est peut-être mieux de prendre le risque de l’instrumentalisation, plutôt que de se taire », avait ainsi affirmé à La Croix, mi-septembre, le père Bernardo Cervellera, prêtre à l’Institut pontifical pour les missions étrangères qui pilote, à Rome, le portail d’informations Asia News.

La question de la Chine est particulièrement sensible au Vatican. Très peu d’interlocuteurs acceptent d’aborder les relations avec Pékin. « L’une des raisons pour lesquelles nous partageons très peu de documents par mail est que nous craignons un piratage informatique de la Chine », dit une source de la Curie.

En octobre, Rome et Pékin ont officialisé le renouvellement d’un texte, d’abord signé en 2018, qui permet à la Chine et au Saint-Siège de se mettre d’accord sur la question ultrasensible de la nomination des évêques.

Loup Besmond de Senneville (à Rome), le 24/11/2020 à 14:32

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