samedi, décembre 15, 2018
Accueil > Art, Tradition et Culture > RACISME DANS LE CINEMA : « FAIRE L’ACCENT NOIR C’EST L’UNE DES REQUETES PRINCIPALES »

RACISME DANS LE CINEMA : « FAIRE L’ACCENT NOIR C’EST L’UNE DES REQUETES PRINCIPALES »

À l’initiative de l’actrice Aïssa Maïga, l’ouvrage « Noire n’est pas mon métier » donne la parole à 16 actrices françaises noires évoquant les discriminations qu’elles subissent encore en France. L’actrice Rachel Khan, signataire, s’est confiée à Jeune Afrique.

C’est un sujet qui a longtemps été passé sous silence. Aujourd’hui, grâce à un très court recueil de témoignages, tous les médias français en parlent, de Libération à Elle en passant par Télérama, Grazzia ou le Parisien… À l’initiative de la star de cinéma d’origine sénégalaise Aïssa Maïga, 16 actrices noires ont pris la plume pour parler des discriminations dont elles sont encore victimes dans leur profession, en France, en particulier.

Parmi elle, Rachel Khan, 40 ans, née d’une mère juive polonaise et d’un père sénégalo-gambien. Athlète de haut niveau – elle est championne de France du 4×100 m -, puis juriste, journaliste et écrivaine, cette battante au CV bien chargé raconte dans Noire n’est pas mon métier ses premiers pas compliqués dans le monde du cinéma. Et comment elle s’est vite rendue compte que quelque chose « clochait » dans les rôles qu’on lui proposait.

Rachel Khan : Cela fait maintenant plus de 20 ans que je travaille sur ces enjeux-là, notamment en étudiant les questions d’égalité et de discrimination. Je connais Aïssa depuis 20 ans. Dès que je l’ai rencontrée on a décidé de militer contre les discriminations dont sont victimes les Noirs notamment dans les arts, de briser l’imaginaire colonial.

J’ai également travaillé pour des associations de femmes et pour le magazine féminin Causette. Et justement, il y a deux ans, j’ai participé pour ce mensuel à la réalisation de tout un dossier sur les actrices noires.

Le buzz du livre vous surprend ?

Oui beaucoup. Je n’imaginais pas que ça allait prendre cette ampleur. Et surtout, je pensais que les gens n’allaient pas comprendre, qu’ils nous reprocheraient d’être trop communautaristes. Ils ont bien vu que nous étions différentes les unes des autres, qu’il y a une vraie diversité dans notre collectif, en terme de religions, d’ethnies… C’est ce qui fait notre force.

Lire la suite sur jeuneafrique.com