lundi, novembre 18, 2019
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« SAUDI ARAMCO CONFIRME SON INTENTION D’ENTRER AU TADAWUL, LA BOURSE NATIONALE SAOUDIENNE »,

Maintes fois repoussée, l’introduction en Bourse du géant pétrolier saoudien a été confirmée le dimanche 03 novembre 2019 par les officiels du Royaume. Celle-ci se déroulera comme prévu en deux temps, d’abord sur le marché local dès décembre 2019, puis sur une place internationale en 2020. Il devrait s’agir de la plus grosse opération de l’histoire.

La volonté de MBS de transformer en profondeur l’économie de l’Arabie saoudite

Le géant pétrolier saoudien Aramco, a confirmé dimanche sa prochaine entrée en Bourse, qui pourrait être la plus importante du monde, et qui souligne la volonté du prince héritier de transformer en profondeur l’économie de son pays, ultra dépendante au pétrole. « Saudi Aramco confirme son intention d’entrer au Tadawul, la Bourse nationale saoudienne », a indiqué la compagnie sur Twitter, après le feu vert donné par le régulateur saoudien du marché financier à cette opération.

« C’est une étape significative dans l’histoire de la société et un progrès important pour la réalisation de « Vision 2030 », le plan stratégique du royaume pour une diversification et une croissance économiques durables », a déclaré le président du Conseil d’administration d’Aramco, Yasir al-Rumayyan, dans un communiqué.

Préparer l’ère post-pétrolière

« Vision 2030 » est un plan initié par le prince héritier Mohammed ben Salmane qui vise à préparer la plus grande économie arabe à une ère post pétrolière.

Aramco devrait céder en tout 5% de son capital, dont 2% lors de son baptême boursier sur le Tadawul, avaient déclaré début octobre des sources proches du dossier à l’AFP. Le calendrier prévoit une entrée en deux temps: d’abord sur le Tadawul, en décembre, puis, en 2020, sur une place financière internationale, selon une source proche du dossier.

Mais Yasir al-Rumayyan a écarté dimanche ce scénario. « Pour la partie (internationale), nous vous le ferons savoir en temps utile. Jusqu’ici, ce n’est que sur Tadawul », a indiqué le président du Conseil d’administration d’Aramco, sans préciser la date d’introduction sur la Bourse de Ryad.

L’entreprise a indiqué que ses actions seraient proposées sur le marché saoudien aux investisseurs institutionnels, aux citoyens saoudiens et aux résidents étrangers en Arabie saoudite, ainsi qu’aux citoyens des pays du Golfe.

Entre 1.500 et 1.700 milliards de dollars,

 

L’introduction en Bourse devrait valoriser l’entreprise entre 1.500 et 1.700 milliards de dollars, soit la plus grosse capitalisation mondiale, selon une source proche du dossier.

La Bourse saoudienne a reculé de près de 2% dimanche après l’annonce de l’introduction prochaine du géant pétrolier sur le marché local, en raison de craintes de son effondrement sous le poids de l’opération, selon des analystes.

un bénéfice de 68 milliards de dollars

Aramco, considérée comme la compagnie la plus profitable du monde, a annoncé avoir réalisé sur neuf mois, jusqu’en septembre, un bénéfice de 68 milliards de dollars. La société n’a commencé à annoncer ses résultats que récemment. Pour 2018, elle a fait état de 111,1 milliards de dollars de bénéfices, soit plus que les bénéfices combinés d’Apple, de Google et d’Exxon Mobil.

L’introduction en Bourse avait été envisagée depuis 2016 et le prince Mohammed ben Salmane avait réclamé une capitalisation à 2.000 milliards de dollars. En 2018, l’homme fort du royaume avait décidé de reporter l’opération parce que la capitalisation calculée par les banquiers, après des rencontres avec de potentiels investisseurs, était en dessous de ce seuil. Par la suite, Aramco, qui devait lancer en octobre la première partie de son introduction, avait décidé de repousser la date à décembre ou à janvier.

Écarts de valorisation

La semaine dernière, le bulletin spécialisé Energy Intelligence a cité des sources disant s’attendre à ce que les Saoudiens acceptent une évaluation de 1.600 à 1.700 milliards de dollars de l’entreprise.

Les banques qui jouent un rôle dans cette IPO se risquent également à avancer une valorisation pour le mastodonte saoudien. Si certaines, à l’image de Bank of America, fournissent une fourchette très large (entre 1.220 milliards et 2.270 milliards de dollars), d’autres se veulent bien plus précises, comme la BNP Paribas, selon qui Aramco vaut très précisément 1.424.394.000 dollars. HSBC et Goldman Sachs avancent pour leur part des fourchettes similaires, respectivement entre 1.590 et 2.100 milliards et entre 1.600 et 2.300 milliards de dollars).

Trouver un compromis  lié aux réalités du marché »

Concernant cette évaluation d’Aramco, les autorités saoudiennes doivent trouver « un compromis entre la préférence déclarée du prince héritier et les réalités du marché », a estimé Kristian Ulrichsen, chercheur à l’Institut Baker de l’Université Rice aux Etats-Unis.

« Comme le processus a été retardé à plusieurs reprises et qu’il fait partie intégrante du plan du prince héritier visant à transformer l’Arabie saoudite, les investisseurs internationaux seront très attentifs à la performance d’Aramco sur le marché (financier) intérieur », a également déclaré Kristian Ulrichsen à l’AFP.

Joyau économique

Aramco, qui produit environ 10% du pétrole mondial, est considéré comme le joyau économique du royaume et le pilier de sa stabilité économique et sociale. Ryad cherche à encourager des familles saoudiennes riches à acheter des participations dans la firme, tandis que certains commentateurs saoudiens ont cherché à présenter cet investissement comme un devoir patriotique.

L’Arabie saoudite a redoublé d’efforts pour séduire les investisseurs en promettant des dividendes annuels de 75 milliards de dollars, selon le site internet de l’entreprise. « Une fonction importante de l’introduction sur la Bourse locale est de projeter de la confiance dans l’entreprise à destination du marché international », a déclaré à l’AFP Cinzia Bianco, chercheur à l’European Council on Foreign Relations.

« Cela permet au prince Mohammed de montrer qu’il tient ses promesses et qu’il fait ce qu’il a à faire, une nouvelle étape pour rassurer les investisseurs internationaux sur le fait que l’introduction en Bourse aura lieu après tout », a ajouté Cinzia Bianco.

kemebrama@hotmail.cim texte de  Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse  (Avec AFP)

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