mardi, décembre 18, 2018
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CUBA : L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ ET LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE BIENTÔT INSCRITE DANS LA CONSTITUTION

L’Assemblée cubaine doit examiner à partir de samedi une réforme de la Constitution afin de reconnaître l’économie de marché et la propriété privée, deux grands principes capitalistes, sans pour autant renier ses fondements idéologiques socialistes.

Cuba poursuit en douceur ses réformes économiques. À partir du samedi 20 juillet, l’Assemblée nationale doit adopter une réforme de la Constitution visant à reconnaître l’économie de marché et la propriété privée. Il s’agit de la troisième modification depuis son entrée en vigueur en 1976.

Le texte « reconnaît le rôle du marché et de nouvelles formes de propriété, entre elles la privée », a résumé le journal d’État Granma. Cela permettra la légalisation de la petite et moyenne entreprise. Les 224 articles, élaborés par une commission parlementaire dirigée par Raul Castro et Miguel Diaz-Canel, reconnaissent aussi « l’importance des investissements étrangers pour le développement du pays », un mécanisme qui existait déjà mais en complément à l’investissement public d’État via des sociétés mixtes. Une fois validé, le projet sera soumis au référendum.

« Pas de virage capitaliste »

Après quatre décennies d’une économie largement étatisée, l’économie cubaine s’ouvre timidement aux investissements étrangers depuis les réformes amorcées par Raul Castro en 2008. L’entrepreneuriat privé emploie désormais 591 000 personnes, selon les chiffres officiels, soit 13 % de la population active.

Mais sur le fond, l’île est loin de renconcer à son idéologie socialiste. « À Cuba, il n’y aura pas de virages capitalistes », a récemment souligné le président cubain Miguel Diaz-Canel. Le futur texte réaffirme « le caractère socialiste » du système politique, économique et social, et le rôle central du parti unique au pouvoir, le Parti communiste de Cuba (PCC), en tant que « force dirigeante supérieure de la société et de l’État ».

État de droit

Mais la future Constitution implique d’autres nouveautés, telles que le rétablissement du titre de président de la République – actuellement appelé président des Conseils d’État et des ministres – et la création du poste de Premier ministre. Les détails sur le mode de désignation n’ont pas encore été précisés.

À noter également que le futur texte accordera plus de droits à la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), longtemps discriminée sur l’île, selon Granma. La prochaine constitution cubaine devrait aussi reconnaître Cuba comme un État socialiste de droit, démocratique, indépendant et souverain. Mais rien n’est précisé sur les droits de l’Homme et la liberté de la presse.

France 24