vendredi, février 3, 2023
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ELIZABETH II : SOIXANTE-DIX ANS DE REGNE ET PAS D’ABDICATION EN VUE

Montée sur le trône le 6 février 1952, Elizabeth II est aujourd’hui la souveraine britannique ayant régné le plus longtemps de l’histoire. Une longévité exceptionnelle liée à un engagement envers Dieu, envers son peuple et sa famille.

Dimanche 6 février, la reine Elizabeth II célébrera ses soixante-dix ans de règne, durant lesquels elle a rencontré chaque semaine le premier ministre britannique, lu les lois adoptées par le Parlement, rendu visite à des organisations caritatives et passé un nombre incalculable d’heures à se déplacer entre le palais de Buckingham, le château de Windsor et ses demeures privées, à Balmoral (Écosse) ou à Sandringham (ouest de l’Angleterre).

C’est dans cette demeure qu’elle passera ce jubilé de platine. Un anniversaire en toute discrétion avant la tenue de gigantesques célébrations officielles dans tout le pays, entre les 2 et 5 juin. Jamais un souverain au monde n’a régné – sans régence – aussi longtemps qu’elle.

 « Ma vie entière sera consacrée à votre service »

Après une vie passée au service de la couronne et après le décès, en avril 2021, de son soutien de toujours, son époux le prince Philip, pourrait-elle abdiquer, comme l’ont fait l’Espagnol Juan Carlos, le Belge Albert II ou la Néerlandaise Beatrix ?

« Je ne pense pas qu’Elizabeth II abdiquera, avance Marion L’Hour, autrice du récent roman My Diary, le journal intime de la reine. Le jour de ses 20 ans, elle a prononcé un discours au Cap dans lequel elle a promis : “Je déclare devant vous tous que ma vie entière, qu’elle soit longue ou courte, sera consacrée à votre service.” Lors de son couronnement, elle a de nouveau prêté serment à Dieu qu’elle servirait toute sa vie. Pour cette croyante, il est invraisemblable de revenir sur cet engagement. La ligne directrice de sa vie, c’est le devoir envers son peuple. »

Pendant son couronnement, le 6 février 1952, Elizabeth fut ointe d’huile sacrée par le primat de l’Église d’Angleterre, censée marquer sa relation avec Dieu. Il lui transmet son autorité et en contrepartie elle s’engage à être sa représentante, et même sa servante, sur terre. Un sceau sacré indélébile.

Biographe de la famille royale, William Shawcross a écrit à propos de la cérémonie : « Plus que son couronnement avec la couronne d’or massif de saint Édouard, c’est le moment où l’huile sainte lui a été appliquée qui a revêtu une importance suprême pour la reine. En effet, ce fut le moment le plus solennel et le plus important de toute sa vie. » Lors de son message de Noël 2002, la reine a rappelé : « Je puise ma force dans le message d’espérance de l’Évangile chrétien. »

Difficultés familiales

Sûre d’elle et de sa place dans le monde, Elizabeth II estime sans doute être la mieux placée pour préserver les siens, dont elle est le roc, et avec eux la monarchie britannique. Or, les difficultés familiales actuelles imposent aux Windsor une communication infaillible, face aux remous engendrés par les affaires judiciaires de son fils le prince Andrew et l’exubérant exil californien de son petit-fils le prince Harry et de son épouse Meghan.

Elisabeth II a été traumatisée par l’abdication de son oncle Edouard VIII qui a bouleversé sa vie. Monté sur le trône le 20 janvier 1936, il avait abdiqué moins de onze mois plus tard pour vivre sa vie et surtout pour avoir le droit d’épouser Wallis Simpson, une Américaine divorcée. La monarchie britannique avait tangué. Et du jour au lendemain, c’est le père d’Elizabeth, Albert, qui avait été forcé de monter sur le trône, sous le nom de George VI.

Un retrait progressif de la scène publique

Depuis 2013, la souveraine a commencé à se retirer progressivement de la scène publique et à déléguer certaines de ses activités à son successeur, son fils Charles. Ces dernières années, elle a pris encore plus de recul. Son petit-fils William et son épouse Kate, officiellement présentés comme le duc et la duchesse de Cambridge, ont récupéré nombre de ses engagements secondaires, tout comme un temps, le duc et la duchesse de Sussex, Harry et Meghan.

Charles est désormais prêt à prendre le relais, bien qu’il ait longtemps été considéré comme un incapable par son père. « Même si la reine perd la tête, elle restera sur le trône de manière cosmétique et ses attributions les plus sérieuses seront reprises par le futur souverain, le prince de Galles », assure Marion L’Hour. L’image de la famille et de la monarchie sera préservée. C’est bien là le plus important pour cette souveraine de 95 ans.

Le roc de la monarchie britannique

Elizabeth II naît le 21 avril 1926 à Londres.

Son père, le roi George VI, décède brutalement en 1952, à l’âge de 56 ans.

Son couronnement a lieu le 2 juin 1953 à l’abbaye de Westminster. Elle devient monarque du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ainsi que cheffe du Commonwealth, organisation regroupant cinquante-trois États.

Depuis le 9 septembre 2015, elle est le souverain britannique ayant régné le plus longtemps (à ce jour soixante-dix ans), dépassant la durée de règne de son arrière-arrière-grand-mère, la reine Victoria (soixante-trois ans, sept mois et deux jours).

Son fils Charles, prince de Galles, est le successeur désigné de la reine. Son fils William lui succédera à sa mort.

Tristan de Bourbon, correspondant  Lacroix à Londres (Royaume-Uni)

 

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