mercredi, décembre 8, 2021
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GLASGOW : LA COP26 ACCOUCHE D’UN ACCORD MAIS NE REPOND PAS AUX DEMANDES DES PAYS PAUVRES

La COP26 a adopté samedi un ‘pacte de Glasgow’ destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, mais sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

Ce fut un accouchement difficile. La COP26 a adopté de samedi 13 novembre 2021 un ‘pacte de Glasgow’ destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, mais sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

L’adoption définitive du texte est intervenue à l’issue de deux semaines de négociations éprouvantes, d’un coup de marteau du président britannique de la conférence mondiale sur le climat et après des changements de dernière minute introduits par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles.

Cependant, il préserve l’appel à accélérer les réductions d’émissions et la sortie des énergies fossiles responsables du réchauffement climatique.

Après un sommet accueillant plus de 120 chefs d’Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane et deux semaines de négociations serrées sur de nombreux sujets explosifs, la présidence espérait boucler samedi les difficiles négociations, avec un jour de retard sur le calendrier prévu. Et réussir ainsi à « garder vivant » l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, celui de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le cas des pays pauvres

Alors que le monde se trouve toujours, selon l’ONU, sur la trajectoire « catastrophique » d’un réchauffement de +2,7 °C, le nouveau texte préserve certes les avancées en matière de réductions d’émissions et sur les énergies fossiles, principales sources de gaz à effet de serre.

Mais il n’apporte pas de progrès sur le dossier au coeur des tensions de ces derniers jours de négociations. C’est-à-dire, l’enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres . Ils sont les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts.

Sur les émissions, le nouveau texte reprend presque sans changement l’appel aux Etats membres à relever leurs engagements de réductions plus régulièrement que prévu dans l’Accord de Paris et ce dès, 2022. Mais avec la possibilité d’aménagements pour « circonstances nationales particulières » ; ce point a été rajouté vendredi lors des négociations. Il avait provoqué des critiques des ONG sur la réelle ambition des pays à limiter la hausse des températures. La formulation de la partie du texte concernant le charbon a en outre été modifiée samedi juste avant la dernière séance plénière de la conférence, l’Inde ayant proposé de remplacer le verbe ‘supprimer’ (‘phase out’ en anglais) par ‘réduire’ (‘phase down’).

La mention inédite des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète – et qui ne sont même pas citées dans l’Accord de Paris -, est préservée dans cette troisième version du projet de déclaration. Mais elle est à nouveau un peu moins impérieuse que la précédente, puisqu’elle appelle, cette fois, les pays membres à « accélérer les efforts vers la sortie de l’énergie au charbon sans systèmes de capture (de CO2) et des subventions inefficaces aux énergies fossiles ».

Positions figées

Les termes « les efforts vers » ne figuraient pas dans la précédente version qui avait déjà atténué la formulation par rapport à la première. Celle-ci n’évoquait pas les « systèmes de capture », technologie encore peu rodée. Elle ne précisait pas non plus le terme « inefficaces » concernant les financements des énergies fossiles.

Les positions ont en revanche été figées sur l’enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions et à se préparer à affronter les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique. Les pays en développement avaient notamment mis sur la table une proposition pour créer un mécanisme spécifique de prise en compte des « pertes et préjudices ». C’est-à-dire, les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.

Les pays riches, et notamment les Etats-Unis, ont in fine fait barrage à cette proposition. Les Etats-Unis craindraient notamment les conséquences juridiques potentielles, alors que l’Union européenne rechigne à l’idée d’un mécanisme spécifique, mais serait en revanche ouverte à l’idée d’un calendrier.

Le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77 + Chine (plus de 100 pays en développement et émergents), avait encore insisté vendredi 12 novembre 2021 pour qu’un tel mécanisme figure dans le texte, rappelant que la proposition émanait « de la totalité du monde en développement », grands pays émergents compris.

Promesse non tenue des pays riches

« Les pays les plus pauvres risquent d’être perdus de vue, les prochaines heures doivent faire changer ce cap. Ce qui est sur la table n’est toujours pas assez », a commenté l’ONG Oxfam. De son côté, Greenpeace appelait « les pays développés, en particulier les Etats-Unis, à faire plus sur les financements » et à « tenir bon » sur les énergies fossiles, dont la mention hérisse les pays producteurs.

Les discussions sont compliquées par la méfiance des pays pauvres, puisque les pays riches n’ont toujours pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter à partir de 2020 leur aide climat au sud à 100 milliards de dollars par an. Les pays en développement accusent aussi les pays développés de vouloir leur imposer de faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, alors qu’ils ne sont pas responsables du changement climatique.

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kemebrama@hotmail.comn,ANEJ Côte d’Ivoire

Source : Les Echos

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