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GOLFE : LA CHRONOLOGIE DE LA CRISE DIPLOMATIQUE ENTRE LE QATAR ET LES PAYS DU GOLFE

Les six pays arabes du Golfe à savoir, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, le sultanat d’Oman  et le Qatar ont signé le mardi 05 janvier 2021, un accord de « solidarité et de stabilité », à l’ouverture du sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG) destiné à mettre fin à une dispute de plus de trois ans avec le Qatar.

L’Arabie saoudite et trois autres pays arabes menaient depuis juin 2017 une politique d’isolement vis-à-vis de Doha, l’accusant notamment d’alimenter des troubles dans la région et d’être trop proche de l’Iran.

Pour en savoir plus, nous revenons  sur la chronologie des faits

Mise au ban

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l’accusant d’alimenter les troubles dans la région via ses médias et de ne pas prendre assez de distance avec l’Iran, puissance régionale chiite rivale du royaume saoudien sunnite. Ils lui reprochent également de soutenir les Frères musulmans – classés « terroristes » par l’Égypte et des pays du Golfe –, ainsi que les groupes jihadistes État islamique et el-Qaëda. Le Qatar dément fermement soutenir le terrorisme.

Cette rupture s’accompagne de mesures économiques comme la fermeture des liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et de la seule frontière terrestre de l’émirat. Les bureaux à Riyad de la chaîne de télévision qatarie al-Jazeera, connue pour ses critiques acerbes de certains régimes arabes, sont fermés.

Liste noire

Le 22 juin, les quatre pays conditionnent une reprise des relations à l’acceptation par le Qatar de treize demandes, dont la fermeture d’al-Jazeera, la réduction des relations avec l’Iran et la fermeture au Qatar d’une base militaire de la Turquie, pays qui soutient aussi les Frères musulmans.

Le 4 juillet, le Qatar, qui accuse ses détracteurs de vouloir le mettre « sous tutelle », juge ces demandes « irrecevables ».

Le 25, Riyad et ses alliés ajoutent 18 groupes et individus, qualifiés de « terroristes », à une liste noire répertoriant des entités accusées de liens avec l’émirat. Elle comptera près de 90 noms.

Briser l’isolement

Dès le début de la crise, l’Iran et la Turquie ont aidé le Qatar à rompre son isolement, notamment en augmentant leurs exportations alimentaires vers l’émirat. Par ailleurs, le Qatar, qui héberge la plus importante base américaine au Moyen-Orient, a signé avec les États-Unis de gros contrats dans les secteurs du pétrole, de l’aéronautique et de l’armement.

Assurances à Trump

En avril 2018, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, affirme rejeter tout soutien ou financement du terrorisme, lors d’une rencontre avec Donald Trump. Le président américain assure travailler à « l’unité » des pays de la région.

Signes d’apaisement

En décembre 2019, le Qatar accueille la Coupe du Golfe de football avec la participation des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, une première depuis le gel des relations. L’émir du Qatar ne participe pas au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Riyad, mais son Premier ministre y reçoit un accueil chaleureux.

Mais en février 2020, le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammad ben Abderrahmane al-Thani, fait état de la suspension des discussions entre Doha et Riyad.

Revers du camp anti-Qatar

Le 16 juin, l’Organisation mondiale du commerce statue en faveur du Qatar dans son litige avec l’Arabie saoudite qu’il accuse d’avoir violé des droits de la propriété intellectuelle liés à la chaîne de télévision qatarie beIN.

Le 14 juillet, la Cour internationale de justice, plus haute juridiction de l’ONU, se prononce en faveur du Qatar dans sa querelle avec les quatre autres États, qui ont institué un « blocus » aérien contre Doha. Le 22, Qatar Airways demande à ces pays 5 milliards de dollars de dédommagements.

Avancées

Le 4 décembre, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhan al-Saoud, indique qu’un accord final est « à portée de main ».

30, le CCG annonce qu’une invitation officielle du roi Salmane d’Arabie saoudite a été adressée à l’émir du Qatar pour assister au sommet de l’organisation qui se tiendra dans le royaume le 5 janvier.

Accord de « solidarité et de stabilité »

Les pays du Golfe signent le 5 janvier un accord « de solidarité et de stabilité » lors du sommet du CCG qui se déroule à al-Ula et destiné à apaiser les tensions entre le Qatar et plusieurs de ses voisins, dont l’Arabie saoudite. Les six pays du Conseil de coopération du Golfe signent cet accord – baptisé « déclaration d’Al-Ula » et dont le contenu n’a pas été dévoilé – en présence de Jared Kushner, gendre et conseiller du président Trump.

kemebrama@hotmail.com

Source : AFP

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