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QUI EST JAKE ANGELI, L’HOMME AUX CORNES, PHOTOGRAPHIE AU CAPITOLE ?

 Jake Angeli, figure connue des conspirationnistes de QAnon et des manifestations d’extrême-droite, est devenu mercredi le symbole de l’envahissement du Capitole aux Etats-Unis, notamment à cause de son look reconnaissable.

Avec son bonnet en peau de bête et ses cornes sur la tête, il est devenu mercredi le symbole de l’envahissement du Capitole aux Etats-Unis. Jake Angeli, dont les photos prises lors de l’émeute ont fait le tour du monde en quelques heures, n’est pas un inconnu chez les militants pro-Trump et autres conspirationnistes. Cet homme de 32 ans, au premier plan pour mener l’invasion du bâtiment, est un habitué de ce genre de rassemblements. Depuis 2019, cet ancien acteur, doubleur et chanteur, a été vu à plusieurs reprises devant le Capitole de l’Arizona, dénonçant des conspirations qu’il dit avoir découvertes.

Membre des QAnons – il se fait appeler «Q Shaman» – il croit, comme ses camarades, à un grand complot mené contre Donald Trump. Parmi les théories de ce mouvement, qui s’appuient sur les indices mis en ligne par un personnage anonyme nommé «Q», Donald Trump serait secrètement en guerre contre les pédophiles cannibales du Parti démocrate. C’est d’ailleurs pour dénoncer ce qu’ils considèrent être une fraude électorale massive – idée soutenue par Donald Trump – que les militants ont envahi mercredi le Capitole.

Dans une interview accordée à «AZ Central» en 2020, Jake Angeli a dit porter son bonnet de fourrure amérindien, son style et son visage peint pour attirer l’attention. Mais son accoutrement pourrait avoir une autre symbolique liée au Dieu Wotan ou Odin, souvent représenté avec un casque viking, parfois avec des cornes, parfois avec des ailes. C’est cette divinité du panthéon germanique qui a inspiré le wotanisme, mouvement identitaire politique et religieux défendu par des sympathisants d’extrême-droite, nazis ou encore suprématistes blancs. Sur sa poitrine, Jake Angeli en arbore d’ailleurs l’un des symboles, le Valknut, composé de triangles entrelacés. Né à l’époque viking dans les territoires du Nord, sa signification première est spirituelle et signifie en langage germanique «nœud des guerriers tués ou mort au combat». Mais, comme d’autres symboles, il a été récupéré par des mouvances extrémistes. Parmi ses autres tatouages, on peut également voir, sous les triangles, l’arbre de vie viking, qui, s’il meurt, provoque la fin du monde.

« J’ai pu commencer à voir la réalité de ce qui est en train de se passer »

Jake Angeli n’est par ailleurs pas seulement persuadé que se joue un complot politique, il croit également, d’après «AZ Central» à une machination scientifique menée afin de maintenir le système en place. Il a expliqué avoir fait ses grandes découvertes grâce à ses propres recherches sur Internet, tombant notamment sur la théorie selon laquelle les Illuminati, la Commission trilatérale et le groupe Bilderberg, contrôlent le monde. «A un moment, j’ai eu le déclic. Et oh mon dieu, j’ai pu commencer à voir la réalité de ce qui est en train de se passer», a-t-il commenté.

Dans une interview donnée à ORF lors d’un rassemblement en Arizona, il a en outre affirmé que les pays mettent en place des hautes technologies top secrètes, avec la collaboration des banques, pour créer «une énergie infinie, des technologies sur la gravitation ou encore avancer sur le clonage» le tout dans le but de lancer un «nouvel ordre mondial». Pour cacher ces faits, il affirme que les médias et les gouvernements menacent ceux qui veulent révéler la vérité.

Mais certains militants pro-Trump sont persuadés que Jake Angeli, comme de nombreux envahisseurs mercredi, sont en réalité des Antifa déguisés en supporters de Trump pour les discréditer. Comme élément de preuve, une photo montrant Jake Angeli lors d’un rassemblement Black Lives Matter, a été partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux. L’image, recadrée, ne permet plus de voir qu’il tenait en fait sa fameuse pancarte «Q sent me», en référence aux QAnons, et qu’il participait en réalité à une contre-manifestation. Ce que confirme un Tweet de la journaliste Brianna J. Frank, reporter à «AZ Central», qui a filmé en juin le fameux militant en train de crier des slogans contre les Antifa, contre les médias corrompus et en faveur de «Q».

Paris Match | Publié le 07/01/2021 à 10h06 |Mis à jour le 07/01/2021 à 12h58

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