mercredi, juillet 17, 2019
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INTERNATIONAL:L’IRAN ABAT UN DRONE ESPION AMÉRICAIN ACCUSE D’AVOIR VIOLE SON TERRITOIRE

La situation est de plus en plus tendue autour du détroit d’Ormuz. L’Iran a annoncé, jeudi 20 juin, avoir abattu un « drone espion américain », qu’il accuse d’avoir violé son espace aérien. Pour étayer cette déclaration, le ministre des Affaires Etrangères Mohammad Javad Zarif a notamment publié sur Twitter les coordonnées de l’endroit où l’appareil a été atteint par un missile.

Dans la journée, les Etats-Unis ont confirmé qu’un de leurs drones avait été intercepté par l’Iran, mais ils nient que celui-ci ait violé l’espace aérien iranien. L’appareil se trouvait « dans l’espace aérien international » et « les informations iraniennes selon lesquelles l’engin survolait l’Iran sont fausses », écrit le Pentagone dans un communiqué.

 « L’Iran a fait une très grosse erreur ! », a tweeté Donald Trump dans un premier temps, sans autre précision. Le président américain a ensuite évoqué l’hypothèse d’une erreur humaine : « J’ai le sentiment que c’était une erreur faite par quelqu’un qui n’aurait pas dû [prendre cette décision], a-t-il déclaré depuis le bureau Ovale. J’ai du mal à croire que cela était délibéré. » Interrogé sur une éventuelle réplique américaine, il est resté évasif : « Vous verrez. » Dans la soirée, Washington a finalement annoncé l’interdiction de survoler l’espacé aérien iranien pour les avions commerciaux américains.».

 

 

Selon les gardiens de la révolution, le puissant organe militaire du régime iranien à l’origine du tir de missile, le drone avait décollé à « 00 h 14 » (heure de Téhéran) d’une base américaine située sur « la rive sud du golfe Arabo-Persique », « éteint tous ses dispositifs de reconnaissance », passé le détroit d’Ormuz – point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole – et mis le cap vers l’est en direction du port iranien de Chabahar.

De même source, l’engin a été abattu au retour de sa mission après être entré dans l’espace aérien iranien. Aucune image de l’appareil détruit n’a été publiée par les médias de la République islamique.

« Ligne rouge »

La violation des frontières iraniennes est la « ligne rouge » à ne pas franchir, a prévenu le général de division Hossein Salami, commandant en chef des gardiens de la Révolution. L’Iran « n’a aucune volonté de faire la guerre avec quiconque, mais nous y sommes prêts », a-t-il encore déclaré.

Le pays compte porter l’affaire « devant les Nations unies [ONU] » afin de démontrer que « les Etats-Unis mentent » et qu’ils ont agressé la République islamique, a de son côté annoncé le ministre des affaires étrangères. Dans une lettre au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et au Conseil de sécurité, Téhéran demande à l’ONU d’intervenir pour que les Etats-Unis « mettent un terme à leurs actions illégales et déstabilisatrices » dans le Golfe.

Ces réactions inquiètent, alors que l’escalade récente fait craindre qu’une étincelle ne mette le feu aux poudres dans la région.

« Les Etats-Unis disent qu’ils n’excluent pas un recours à la force (…). Cela serait une catastrophe pour la région », a réagi, jeudi, le président russe, Vladimir Poutine. La veille, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a estimé pour sa part que « le risque de guerre dans le Golfe » n’était « pas écarté ». Selon Paris, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne, a effectué, mercredi, une visite éclair en Iran en vue « de contribuer à une désescalade des tensions ».

Tensions depuis l’attaque en mer d’Oman

Mercredi, l’armée américaine avait intensifié ses accusations contre l’Iran, qu’elle tient pour responsable de l’attaque de deux tankers qui ont été touchés par des explosions le 13 juin en mer d’Oman, photos à l’appui.

Téhéran a de son côté nié toute implication dans ces attaques, laissant plutôt entendre qu’il pourrait s’agir d’un coup monté des Etats-Unis pour justifier le recours à la force contre la République islamique.

Les tensions vont croissant dans la région depuis que Donald Trump a décidé, en mai 2018, de retirer les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran.

Le Monde avec AFP et AP Publié le 20 juin 2019 à 10h37 – Mis à jour le 21 juin 2019 à 06h21

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