samedi, juillet 31, 2021
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XI JINPING : « LA CHINE METTRA SON MODELE DE DEVELOPPEMENT FONDE SUR LE SOCIALISME, AU PROFIT DE LA PLANETE !»

Au dernier sommet de Davos qui s’est déroulé par visioconférence, le président chinois, Xi Jinping, a prononcé le 25 janvier, un discours au cours duquel il a exprimé la volonté de la Chine à venir à l’aide de la planète à travers de système de développement fondé sur « le socialisme à la chinoise »

Un nouveau concept de Développement

Cette idée clée qui s’exprime comme suit : « à ce nouveau stade de développement, la Chine mettra en œuvre le nouveau concept de développement et travaillera activement à créer une nouvelle dynamique de développement où la circulation domestique est le pilier principal et que la circulation domestique et la circulation internationale se renforcent mutuellement. Elle œuvrera avec les autres pays à construire un monde de paix durable, de sécurité universelle, de prospérité commune, ouvert, inclusif, propre et beau.  », nous permet de faire une incursion dans l’histoire afin de mettre en évidence ce modèle de Développement qui s’impose à tous actuellement.

Un long parcours semé d’embûches

En effet, la civilisation chinoise a connu des hauts et des bas à travers son évolution historique. Des cycles impériaux grandioses interrompus par des parenthèses de chaos et de désordre. Le pays est un continent, avec 23000 km de frontières terrestres donnant sur 14 pays, sans compter les frontières maritimes qui rapprochent, et opposent à la fois, la Chine au Japon, Corée du sud, Philippines, Brunei, Malaisie, Indonésie, et Singapour. Elle compte au total 22 pays voisins. Face aux impérialismes, et en l’espace d’un siècle, il a perdu une portion non négligeable de son territoire.

Au 19e siècle, le pays est dépecé de toutes parts et tombe sous la coupe des puissances européennes, Russie, Grande-Bretagne, France, et Allemagne, sans compter le Japon en Asie.

  1. une année charnière

Cependant, l’histoire de la Chine prendra une autre orientation à partir de la victoire finale des communistes en 1949, sous l’égide de Mao Tse Toung (Mao ze Dong) qui instaurera un nouveau système politique, le Communisme, calqué sur le modèle soviétique. A cet effet, en 1949, le «Grand timonier» proclame la fondation de la République populaire de Chine tandis que Tchang Kaï-chek, dirigeant du Kuomintang, se réfugie sur l’île de Taïwan, où la République de Chine subsiste encore.

À partir de cette date, la République populaire développe son industrie avec l’aide de l’URSS, qui est alors son modèle et son allié. C’est ainsi qu’à la place de Tienanmen, ses portraits côtoyaient ceux de Lénine et Staline.

Mais avec la mort de Staline en 1953 et la relative libéralisation de Nikita Khrouchtchev, Mao rompt avec le modèle soviétique et lance en 1958 le «Grand bond en avant». Cette nouvelle politique économique repose sur la collectivisation des terres agricoles et le développement de l’industrie grâce à des projets d’infrastructures pharaoniques. Ce projet en fin de compte, va engendrer un effondrement de l’économie et des famines qui vont impacter négativement la vie des Chinois.

  • 1966: Mao lance la révolution culturelle

Après l’échec du «grand bond en avant», Mao quitte la présidence du pays, mais conserve la tête du Parti communiste. Le nouveau président LIU SHAOQI veut faire avancer la Chine dans une voie plus réaliste et se rapprocher des États-Unis. En 1972, Richard Nixon est le premier président américain à se rendre en Chine populaire.

Mais par la suite, Mao Tsé-toung parvient à reprendre le pouvoir en lançant la «Révolution culturelle» avec l’appui de la jeunesse chinoise et notamment des «Gardes rouges». Cette autre politique n’atteindra pas les résultats économiques escomptés.

Quelques années avant sa mort en 1976, il prend conscience des retombées négatives de la « Révolution culturelle » initiée en 1966. C’est ainsi que l’ouverture du pays sur l’extérieur est amorcée par d’adhésion à l’ONU en 1971,

DENG XIAOPING

1977: Deng Xiaoping donne un nouvel élan économique à la Chine

Mao meurt en 1976. Deng Xiaoping accède au pouvoir. À partir de 1977, le nouveau dirigeant chinois entreprend de moderniser l’économie tout en maintenant le cadre politique de la ligne communiste. C’est le début du «Socialisme de marché». Des petites entreprises sont créées, les grandes organisations publiques sont en partie privatisées tandis que les sociétés étrangères sont invitées à investir. C’est aussi le début de la politique de l’enfant unique destinée à améliorer les conditions de vie de la population. Pour la Chine, c’est l’amorce d’un développement économique spectaculaire qui continue jusqu’à aujourd’hui.

  • 2010: la Chine devient la deuxième économie mondiale

À partir des années 1990, la Chine devient «l’usine du monde», se concentrant sur son développement économique avec une croissance de 8-9% par an.

JIANG ZEMIN

De 1989 à 2002, JIANG ZEMIN prolonge la politique d’ouverture de Dien Xiaoping. Sous ses mandats, il assiste à la rétrocession à la Chine d’Hong Kong et de Macao qui échappent respectivement à la couronne britannique et à la république portugaise.

HU JINTAO,

Son successeur, Hu Jintao, qui dirige la Chine de 2002 à 2012, vise un «Développement harmonieux» du pays face au développement croissant des inégalités sociales dans le pays entre les campagnes, très pauvres, et les zones urbaines, où croît une importante classe moyenne. La Chine rejoint l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et, en 2010, devient la deuxième économie mondiale devant le Japon.

XI JINPING

Xi Jinping, qui remplace HU JINTAO en 2013, marque un tournant dans la politique chinoise. Il souhaite que son pays s’impose davantage au plan international dans un contexte de course économique avec les États-Unis et de vives tensions régionales en Mer de Chine. Le nouvel homme fort de Pékin promet avant tout la « Renaissance de la nation ».Cette politique vise à  redonner à la Chine sa fierté nationale après le « siècle d’humiliations » démarré avec les « guerres de l’opium ».

Mais Xi Jinping va plus loin que Mao et Deng Xiaoping.

La Chine, selon lui, doit devenir la première puissance mondiale  et finir avec tous les complexes .Par conséquent, à la tête du Parti communiste chinois, il renoue avec une stratégie plus offensive sur la scène internationale.

Le parti communiste chinois a compris que, pour la pérennité du système, il fallait accélérer l’ancrage du pays dans l’économie internationale. L’effondrement du bloc socialiste, dans les années 90, accélèrera cette prise de conscience pour que la Chine rejoigne, en 2001, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Ce processus d’ouverture, sans précédent dans l’histoire du pays, visait à crédibiliser son statut de grande puissance internationale.

La Chine s’octroie  les moyens de sa politique

Dans le même registre, pour tisser sa toile sur l’économie mondiale, la Chine s’est octroyé les moyens de sa politique. Ainsi a-t-elle instauré, en 2015, une banque asiatique chargée de financer les infrastructures en Asie (AIIB), puis signé en 2013, des accords avec plusieurs pays européens, asiatiques et africains dans le cadre de « la nouvelle route de la soie ».

Programme ambitieux s’il en est et qui n’a pas laissé les autres puissances indifférentes quant à son impact réel sur l’économie internationale. En novembre 2020, la Chine compléta cet arsenal en initiant avec les pays asiatiques et ceux du pacifique, un autre accord stratégique, celui du partenariat régional économique global qui s’étendra de l’Asie au pacifique (RCEP).

Au niveau africain, une banque, Afriximbank, est également créée .La coopération sino africaine est également boostée avec la mise en  place d’un forum commercial Sino-Africain (FOCAC). Ce forum est une occasion de regroupement  des pays africains  et de la Chine à  Beijing (Pékin) tous les deux ans .A cette occasion, les échanges entre les pays africains et la deuxième puissance mondiale aboutissent à de nombreux projets de coopération qui se concrétisent sur le terrain en Afrique.

Une diplomatie active

Toutes ces actions structurantes de Pékin viennent accompagner la montée en force d’une diplomatie active au sein des institutions des Nations-unies. Ainsi la Chine a-t-elle présidé, et préside encore, plusieurs organisations internationales comme l’Organisation de l’agriculture et de l’alimentation (FAO), l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), et l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI). Pour Pékin, ce multilatéralisme actif, ou soft power, doit mener vers une multipolarité qui, seule, pourra garantir la paix et l’équilibre du monde.

En 2021, pour le centenaire du Parti communiste chinois, le Président chinois  a promis une « société de moyenne aisance », avec une classe moyenne représentant 60% de la population.

500 millions de Chinois sortent de la pauvreté

Aujourd’hui, grâce à cette politique économique volontariste, 500 millions de Chinois ont quitté le stade de la pauvreté, toute chose que le Président Xi Jinping signale à travers ce passage de son discours prononcé le 25  janvier : « Par un travail dur et persévérant du peuple chinois, la Chine est sur le point de parachever l’édification intégrale d’une société de moyenne aisance et a obtenu des résultats historiques dans la lutte contre l’extrême pauvreté. Elle entame une nouvelle marche vers la construction d’un pays socialiste moderne sur tous les plans.»

Et dans sa volonté de faire de la Chine un pays qui compte à travers le monde, le président chinois pour le centenaire de la fondation de la République populaire, en 2049, Xi a promis de faire de la Chine un « pays totalement développé », comme en Occident ou le Japon.

Un taux de croissance à deux chiffres

Cette ambition légitime de la Chine devient même une réalité puisque depuis une vingtaine d’années ce pays a un taux de croissance à deux chiffre et au plus fort de la Crise du Corona virus qui plombe toutes les économies du monde même les plus puissantes,  ce pays a un taux de croissance de 2,30% ,alors que tous les pays connaissent une récession

La Chine au chevet du Monde

Aujourd’hui, la Chine étant sorti des besoins primaires grâce à son « socialisme à la sauce chinoises », se tourne vers le monde à tous les niveaux

C‘est ainsi  qu’on a pu vérifier l’investissement de cette nouvelle puissance à travers sa lutte contre le Corona virus  à travers la distribution de masques, d’équipe d’experts et de vaccin

Au niveau des investissements et des grands travaux, le pays de l’empire du milieu dame le pion aux entreprises occidentales. C’est ainsi que la Chine aujourd’hui est le premier partenaire commerciale de la Côte d’Ivoire devant la France et le Maroc

En effet, dans notre pays, les grands travaux tels que la construction du  barrage de Soubré et de Gribo Popoli de même que la construction du stade d’ébimpé sont les illustrations parfaite de cet engagement en Côte d’Ivoire et en Afrique. Aujourd’hui  cette présence chinoise est visible aussi  bien en Côte d’ivoire qu’en République Démocratique du Congo ou encore au Kenya en Ethiopie, au Zimbabwe, pour ne citer que ces pays-là.

La Chine contrebalance l’hégémonie de l’Occident en Afrique

C’est d’ailleurs ce que soutient le Président chinois dans son discours à travers ce  qui suit: «La Chine continuera d’appliquer la stratégie d’ouverture mutuellement bénéfique. La Mondialisation économique répond à l’impératif de l’accroissement de la productivité sociale et est la conséquence logique du progrès scientifique et technologique. Utiliser l’épidémie comme un prétexte pour prôner la « mondialisation », la fermeture et le découplage n’est dans l’intérêt de personne. La Chine soutient depuis toujours la mondialisation économique et poursuit résolument sa politique fondamentale d’ouverture sur l’extérieur. Elle continuera de favoriser la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement, de sauvegarder le bon fonctionnement et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, et de promouvoir la coopération de qualité dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route ».

Au regard de tout ce qui  précède, il est loisible d’affirmer que la politique  « longue marche. » entamée par feu le Président MAO, se poursuit toujours  mais cette fois-ci sous un autre angle et avec un nouveau dirigeant qui  impose sa marque au monde par le biais d’une nouvelle démarche innovante

kemebrama@hotmail.com

 

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