samedi, décembre 3, 2022
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ACTUALITE : SELON LE WALL STREET JOURNAL, L’IRAN S’APPRETERAIT A ATTAQUER L’ARABIE SAOUDITE

Riyad a partagé des renseignements avec Washington avertissant d’une attaque imminente de Téhéran contre des cibles dans le royaume wahhabite, selon des responsables saoudiens et américains cités par le « Wall Street Journal »

Ndlr ; le Titre de l’article est de la rédaction de Plume Libre.

L’Arabie saoudite, les Etats-Unis et plusieurs autres Etats voisins auraient relevé le niveau d’alerte de leurs forces militaires en raison des risques d’une « attaque imminente » de l’Iran.

PROCHE ET MOYEN-ORIENT

Ce sont des renseignements partagés par l’Arabie saoudite avec les Etats-Unis. Selon les révélations du Wall Street Journal, qui cite des responsables saoudiens et américains, Riyad redouterait une « attaque imminente » de l’Iran à la fois contre le royaume wahhabite et contre Erbil, en Irak, dans le but de « détourner l’attention des manifestations nationales qui ont secoué le pays depuis septembre » 2022.

En réponse à cet avertissement, l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et plusieurs autres Etats voisins auraient relevé le niveau d’alerte de leurs forces militaires, ont indiqué les responsables. Ils n’ont pas fourni plus de détails sur les renseignements saoudiens.

Le Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche s’est dit prêt à réagir si jamais l’Iran menait une attaque. « Nous sommes préoccupés par l’image de la menace et nous restons en contact permanent par le biais des canaux militaires et de renseignement avec les Saoudiens », a déclaré un porte-parole du Conseil de sécurité nationale cité par Reuters. « Nous n’hésiterons pas à agir dans la défense de nos intérêts et de nos partenaires dans la région », a-t-il ajouté.

UNE CHAINE DE TELE SOUTENUE PAR RIYAD POPULAIRE AUPRES DES IRANIENS

L’Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs, qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment, le port du voile pour les femmes. L’indignation provoquée par son décès a entraîné la plus grande vague de manifestations depuis les protestations de 2019 contre la hausse du prix de l’essence dans ce pays riche en pétrole. Selon un nouveau bilan de l’ONG Iran Humann Rights (IHR) basée en Norvège, 176 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations depuis septembre. Et 101 ont perdu la vie lors d’une vague de protestations distinctes à Zahedan, dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est).

Les autorités iraniennes ont publiquement accusé l’Arabie saoudite, ainsi que les Etats-Unis et Israël, d’être à l’origine de ces manifestations qui secouent le pays. Comme le rappelle le Wall Street Journal, en octobre dernier, le chef des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, avait publiquement demandé à l’Arabie saoudite de réduire la couverture des manifestations en Iran par les chaînes d’information par satellite en langue farsi, y compris Iran International, une chaîne de télévision par satellite soutenue par l’Arabie saoudite basée à Londres, et populaire auprès de nombreux Iraniens.

Iran International a utilisé les médias sociaux et ses émissions pour montrer des vidéos des manifestations iraniennes et de la répression policière qui s’abat depuis le début des troubles. « C’est notre dernier avertissement, car vous vous ingérez dans nos affaires intérieures par le biais de ces médias », avait déclaré Hossein Salami selon des propos rapportés par les médias d’Etat. « Vous êtes impliqué dans cette affaire et savez que vous êtes vulnérable », avait-il affirmé.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé ce mercredi les Etats-Unis de chercher à manipuler l’opinion publique iranienne en soutenant le mouvement de contestation en Iran. « Dans la guerre complexe de ces dernières semaines, les Etats-Unis, le régime sioniste (NDLR : Israël), certaines puissances insidieuses en Europe et certains groupes ont déployé tous leurs moyens pour frapper la nation iranienne », a déclaré l’ayatollah Khamenei.

DES FRAPPES IRANIENNES MEURTRIERES EN IRAK

L’Iran a attaqué le nord de l’Irak avec des dizaines de missiles balistiques et de drones armés depuis la fin du mois septembre 2022, dont l’un a été abattu par un avion de guerre américain alors qu’il se dirigeait vers la ville d’Erbil, où les troupes américaines sont basées. Téhéran a publiquement accusé des groupes armés de l’opposition kurde iranienne – qualifiés de « terroristes » par l’Iran – basés à Erbil d’avoir fomenté les troubles en Iran. Le 27 septembre, au moins 14 personnes avaient été tuées et 58 blessées, dont des femmes et des enfants, dans des frappes iraniennes impliquant des tirs de missiles et des drones. Le Kurdistan d’Irak accueille plusieurs groupes d’opposition iraniens kurdes qui, historiquement, ont mené une insurrection armée contre Téhéran, même si ces dernières années leurs activités sont en recul

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La menace d’une attaque de l’Iran contre l’Arabie saoudite survient par ailleurs alors que les relations entre l’administration Biden et Riyad sont actuellement tendues en raison des récentes mesures prises par le royaume wahhabite en matière de production de pétrole.

L’OPEP + – les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par l’Arabie saoudite et leurs 10 partenaires conduits par la Russie – a décidé le 5 octobre dernier de sabrer ses quotas de production afin de soutenir les prix du brut qui étaient en train de baisser. Cette décision a suscité la colère du président américain Joe Biden à quelques semaines d’élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis cruciales pour la suite de son mandat. L’administration américaine a accusé Riyad de faire le jeu de la Russie qui cherche à financer sa guerre contre l’Ukraine.

L’Express

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