mercredi, décembre 8, 2021
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JOE BIDEN REÇU PAR LE PAPE FRANÇOIS : ENTRE LE VATICAN ET LES ÉTATS-UNIS, UN NOUVEAU DEPART.

Le président Joe Biden est reçu par le pape François au Vatican vendredi 29 octobre. L’occasion pour les États-Unis et le Saint-Siège de tourner la page d’années tendues sous Donald Trump.

Miguel Díaz ne peut s’empêcher de ressentir une légère frustration. « J’aurais aimé participer à la rencontre entre le premier pape hispanique et le deuxième président catholique des États-Unis », confie dans un sourire le diplomate d’origine cubaine, ambassadeur américain au Saint-Siège sous Barack Obama.

Il fait allusion au rendez-vous très attendu entre Joe Biden et le pape François, le vendredi 29 octobre, au Vatican. Cette rencontre, la première depuis que Joe Biden a été élu à la Maison-Blanche, permettra aux États-Unis et au Saint-Siège de tourner la page Trump, émaillée de différends sur la question migratoire et l’environnement notamment.

Un lien personnel entre Joe Biden et le pape François

Joe Biden a entretenu de bonnes relations avec les papes qu’il a rencontrés pendant sa carrière. Comme sénateur et vice-président, il a eu de longues conversations avec Jean-Paul II et Benoît XVI. Toutefois, le lien qu’il entretient avec François est plus personnel. Catholiques de la même génération arrivés au pouvoir relativement tard dans leur vie, les deux hommes ont de nombreux points communs. En 2015, François a soutenu la famille Biden après la mort de Beau, le fils du démocrate, des suites d’un cancer. L’année d’après, le vice-président s’est rendu au Vatican pour lancer un appel à la mobilisation internationale contre la maladie.« Joe Biden est une figure connue à Rome. Et le pape est venu aux États-Unis en 2015 quand il était vice-président », poursuit l’ancien ambassadeur.

Sur le plan politique, les sujets de convergence sont nombreux. Sur les dossiers traditionnellement au cœur de la relation bilatérale – lutte contre la pauvreté, promotion des droits humains, défense des libertés religieuses et de la paix -, les deux hommes partagent des points de vue similaires. Le climat constitue une autre grande source de convergence, Joe Biden ayant renoué notamment avec l’accord de Paris. Ils nourrissent aussi la même préoccupation quant à l’avenir de la démocratie et « peuvent faire front commun contre les tendances nationalistes qui minent le bien commun et la stabilité mondiale », affirme Miguel Díaz.

Pommes de discorde

En outre, la Maison-Blanche pourrait utiliser l’influence du pape, déterminant dans le réchauffement des relations entre les Etats-Unis et Cuba en 2014, et les liens diplomatiques du Saint-Siège avec 183 pays, pour désamorcer des tensions internationales.

Les pommes de discordes existent néanmoins. À commencer par la question de l’avortement, le démocrate se disant pro choix. Une position qui suscite des remous au sein de la Conférence épiscopale américaine, divisée sur le droit du président à recevoir la communion.

Autre point de divergence, Washington voit d’un mauvais œil l’accord historique passé entre le Vatican et la Chine, qui donne au pape le dernier mot sur la nomination des évêques dans le pays communiste. François l’a renouvelé en 2020 malgré les objections du Département d’État. « Le Vatican voit cette question du point de vue des catholiques chinois. Les Etats-Unis regardent les conséquences géopolitiques. Il y aura des désaccords, mais il est possible de trouver un terrain d’entente, sur la défense commune des droits humains par exemple », relativise Miguel Díaz.

Le siège d’ambassadeur des États Unis près le Saint-Siège vacant

L’immigration peut représenter un autre sujet délicat. Le gouvernement Biden doit montrer qu’il est en mesure d’accueillir de manière humaine et digne le nombre grandissant de migrants se présentant à la frontière sud. En septembre, il a été critiqué pour l’évacuation d’un campement d’immigrés haïtiens au Texas, chassés par des agents à cheval équipés de fouets.

À noter que la visite de Joe Biden intervient alors que les États-Unis n’ont pas encore rempli le poste d’ambassadeur près le Saint-Siège. Joe Donnelly, ex-sénateur de l’Indiana, est pressenti, mais il n’a pas encore été confirmé par le Sénat.

« Les évêques ne pourront fermer les yeux sur l’accueil réservé à Biden au Vatican »

 « Le Pape et Joe Biden partagent des priorités sur la lutte contre le changement climatique et la pauvreté mondiale, la réponse au problème grandissant des réfugiés et du nationalisme de droite. Ils sont aussi critiqués par des évêques et des républicains aux États-Unis. Ils pourraient échanger des histoires de guerre ! Les évêques, qui se retrouveront pour leur Assemblée plénière à Baltimore en novembre, ne pourront fermer les yeux sur l’accueil chaleureux réservé à Biden au Vatican. Il deviendra plus difficile pour eux de se comporter négativement envers lui ».

Alexis Buisson (à New York),

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