dimanche, juillet 22, 2018
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L’EDUCATION ISLAMIQUE EN COTE D’IVOIRE 2

DEUXIEME PARTIE : LES PREMIERES ECOLES CORANIQUES EN COTE D’IVOIRE A PARTIR DU 14EME SIECLE.

Après le premier chapitre de la première partie de notre dossier réservé à l’Education islamique en Côte d’Ivoire, dans ce deuxième chapitre, nous mettons l’accent sur la création des premières écoles coranique dans notre pays

Selon le professeur FOFANA Lémassou, la présence de l’islam en Côte d’ivoire date du 11ème siècle, localisée essentiellement dans la partie nord du pays jusqu’à la colonisation, elle connaît une expansion remarquable dans la zone sud entre le 19è et le 20è siècle avec l’irruption la colonisation.

Cette pénétration de l’islam bien que datant du 11ème siècle, connaît une accélération au nord de la Côte d’ivoire entre le 15ème et le 18ème siècle à travers les Mandé dioula. Cette ruée est la conséquence des difficultés de l’empire du Mali à partir du règne de kankou Moussa.

En effet, en se fondant sur les travaux du professeur kodjo Niamkey les populations Mandé dioula entre autres, fuient leurs zone à cause des fléaux dont les razzias des esclavagiste, les famines, les calamités naturelles pour descendre un peu plus vers les régions sud plus clémente. Dans leur migration, et ils arrivent avec la religion musulmane et l’écriture arabe.

C’est ainsi, que naissent les premières écoles coraniques. A ce à ce sujet le professeur Fofana lemassou en se fondant cette sur les travaux d’un autre chercheur du nom d’Emmanuel Terray, affirme que les premières écoles coraniques en Côte d’ivoire sont nées avec l’arrivée des kamagaté et des Comara musulmans en Côte d’Ivoire.

Les Kamagaté et les Comara fondent les premières écoles coraniques

C’est ainsi que Yssouf kamagaté, chef des kamagatés originaires de Ségou aidé des Comara, fonde les premières écoles coraniques probablement au milieu du 18ème sicle soit aux environs de 1750 après jésus christ afin d’approfondir et de propager la religion musulmane. C’est à partir de ce terreau que de grands centres islamiques naîtront à Odienné, Samatiguila Tiémé Kong mais par la suite à mankono et autres villes riveraines. D’ailleurs Réné Caillé, dans son périple à travers l’Afrique de l’Ouest pour atteindre Tombouctou, signalera la présence de ces écoles coraniques à Tiémé où il a passé plus d’un an.

L’essor des écoles coraniques traditionnelles

Dès leur instauration, ces écoles coraniques traditionnelles vont prendre de l’ampleur avant l’avènement de l’école occidentale et même jusque pendant les premières années de notre indépendance où l’école occidentale était devenue obligatoire.

Notre pays a ainsi connu de grands centres islamiques de même que des écoles coraniques célèbres à Samatiguila, Kong, Séguela Mankono, au Nord du pays. Cependant, l’Est de la Côte d’Ivoire connaitra également de grands centres coraniques dans les villes de Bondoukou, Bouna, Kouassi Datékro et Yorobodi et autres.

Dans le cas spécifique de Yorobodi, Ce grand village qui vient d’être érigé en sous-préfecture, il y a peu, demeure jusqu’aujourd’hui, un grand centre islamique ; une des seules villes du pays où, les institutions islamiques d’enseignement rivalisent ou même supplantent le système d’enseignement général. Les grandes villes comme Bouaké, Abidjan, Daloa, Gagnoa, etc. verront surgir de nombreuse écoles coraniques compte tenu de la forte migration des populations malinkés islamisés appelées encore dioula du fait de leur attachement au commerce. Même les zones sénoufo fortement animiste telles que Korhogo, Boundiali, Tafiré etc. verront surgir des écoles coraniques au début du 20ème siècle Tafiré par exemple verra

surgir sa première école coranique en 1934 selon les propos du chef de canton Koné séydou recueillis en mars 2010.

En fin de compte on trouvera des écoles coraniques à travers tout le pays de Tengrela à Bassam et d’Aboisso à Tabou soit du Nord au Sud, ou de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre de Côte d’Ivoire.

D’illustres imams issus de cette école coranique.

Feu Cheikh Ibrahim Sonta dit N’guêrê

Ces écoles coraniques vont former de grands imams tels que les défunts KOUDOUS de Bondoukou, Affou Sanogo (ancien président du ; COSIM), Tôgôma Siriki DIABY (grand imam d’Adjamé), l’imam Anzoumana Konaté (également ex président du COSIM,) l’imam Anzoumana Sylla de Bouaké et bien d’autres imams tels que Béma hidjra(ce dernier a effectué le pèlerinage à la Mecque à pieds) et Youssouf Samarakandi à Yorobodi ,El hadj N’diaye Yacouba à

Bassam,de même que El hadj Yaya CISSE grand imam de la grande mosquée de Treichville appelée anciennement mosquée dioula de Treichville. Tous ces illustres disparus, produits de premières écoles coraniques du pays, vont contribuer grâce à leur sagesse et leur culture à l’expansion de l’islam en Côte d’Ivoire

L’école coranique point de contact avec l’écriture pour les premiers cadres musulmans du pays

De même, Pendant plusieurs années tous les premiers cadres musulmans pendant la colonisation ou même après les indépendances jusque dans les années 1980, ont eu leurs premiers contacts avec l’écriture grâce à l’école coranique qui les mettait en contact avec l’écriture arabe. En ce moment, les écoles primaires de même que les jardins d’enfants, n’existaient pas en grand nombre. Certains parmi eux à l’exemple d’Essis Amara ancien ministre des Affaires Etrangères, ancien secrétaire général de l’OUA et ancien

président de l’Assemblée générale de l’ONU affirme reconnaissent l’apport de cette école dans la suite de leur cursus scolaire.

Dans ce sens le ministre Essis Amara affirme : «mon premier contact avec l’écriture, je l’ai eu grâce à l’école coranique à Bouaké où mon père fervent pratiquant, m’a inscrit à l’école coranique. Ainsi très tôt le matin, je récitais d’abord mes sourates devant mon maître coranique avant d’aller vendre le pain pour ma mère en milieu de journée. Par la suite je n’avais pas de problème pour retenir mes leçons quand j’ai été inscrit à l’école occidentale. J’ai même eu la meilleure note une fois en histoire et géographie et le maître m’a accusé d’avoir triché. Et j’en ai été affecté Mais au devoir qui a suivi grâce à ma faculté de rétention développée par l’apprentissage des sourates à l’école coranique, j’ai obtenu une autre note meilleure par rapport à la première .et mon maître en a été confondu»

kemebrama@hotmail.com

Cell : 05 37 07 36 ou 02 24 88 63

 

SOURCES.

1-Joseph Ki Zerbo Histoire de l’Afrique Noire, d’hier à Aujourd’hui, parue en 1978 aux éditions Hatier en France,

2-Al Bakri, écrivain arabe de Cordou (Espagne), dans son œuvre, Description de l’Afrique Septentrionale écrit en 1087,

3-Ibn Battuta, Voyages, tome 3, La Découverte, 1990.

4- Maryse Condé, Ségou, Les Murailles de Terre, Tome I, Paris, Robert Laffont, 1984.

5-Louis Gustave Binger, Le Péril de l’Islam, Publication du Comité de l’Afrique française, 1906.

6- Fofana lemassou, Côte d’ivoire, islam et société parue aux éditions du CERAP en 2007

7-A cura di Jean de la Guérivière Les multiples visages de l’Islam noir extrait de : Géopolitique africaine, n°5 – Hiver 2002

8-Vincent Monteil, L’Islam noir. Une religion à la conquête de l’Afrique, Seuil, 1980.

Binaté Youssouf « l’Education islamique au défi de l’évolution » in DEBATS numéros 46-47 intitulé l’islam en Afrique de l’Ouest, une originalité

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