mercredi, décembre 8, 2021
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L’INCROYABLE PARCOURS D’ERIC ADAMS, LE NOUVEAU MAIRE DE NEW YORK

Existe-t-il assez d’adjectifs pour décrire Eric Adams, le nouveau maire de New-York ? L’Afro-américain de 61 ans est un ex-policier, ex-républicain, ex-sénateur, syndicaliste antiraciste, végétalien, président de l’arrondissement de Brooklyn. Nommé favori des élections depuis cet été par la presse américaine, il avait raflé 9 000 voix à la primaire démocrate le 7 juillet face à 12 candidats. C’est donc sans surprise qu’il a obtenu, ce mercredi 3 novembre, une victoire écrasante face à son adversaire, le républicain Curtis Sliwa. Il a remporté 70% des suffrages exprimés contre 23% pour son adversaire, dans une ville avec une grande majorité d’électeurs démocrates. « Ce soir, New York a choisi l’un d’entre vous, l’un des nôtres. Je suis toi. Je suis vous », a déclaré Adams à une foule en délire devant un hôtel de son quartier natal de Brooklyn.

Un candidat proche du peuple

Dans son discours de victoire, l’officier de police à la retraite a fait référence à ses origines modestes et à son parcours pour réaliser son rêve américain. C’est sur cette proximité avec les habitants de la ville, qu’Eric Adams a bâti sa campagne. Il a cultivé cette image de politique jeune et cool en se faisant percer les oreilles, après avoir été lancé au défi par des jeunes électeurs pour prouver qu’il n’était « pas comme les autres politiciens qui font des promesses qu’ils ne tiennent pas. »

Né à Brownsville, Brooklyn, le 1er septembre 1960, il fait partie d’une fratrie de six enfants. Élevé par une mère célibataire, femme de ménage, il résidait dans un immeuble infecté de rats. Enfant, il transportait un sac poubelle de vêtements à l’école de peur que sa famille ne soit expulsée. Cette dernière a ensuite pu déménager dans un quartier du Queens, où il a grandi et obtenu son diplôme tant bien que mal en 1978. En juillet dernier, lors de la course à la  primaire démocrate, il avait apporté un portrait de sa mère défunte quand il s’est rendu dans les urnes. « Je ne suis pas censé être ici. Mais puisque j’y suis, les New-Yorkais vont se rendre compte chaque jour qu’ils méritent également d’être dans cette ville », avait-il confié en larmes sans lâcher le cliché de sa mère.

Combattre insécurité et violences policières

Cette victoire politique sonne comme une revanche sociale pour l’ex-policier, qui a été brutalisé par les forces de l’ordre lors d’une arrestation, alors qu’il n’avait que quinze ans. Une expérience qui l’a poussé à faire de l’insécurité la mission principale de son agenda politique.

Il a promis de cibler « les gangs et les armes à feu » dans la rue, et il a affirmé que son commissaire de police « sera la personne la plus qualifiée pour le poste – une femme ». Un domaine dans lequel il a de l’expérience puisqu’il a passé plus de vingt ans en tant que policier du service des transports de la ville afin de réformer l’institution de l’intérieur. Durant sa carrière, il a dénoncé à de nombreuses reprises les violences policières commises par les forces de l’ordre en tant que syndicat. En 1995, il a cofondé un groupe de défense des droits des Afro-américains baptisé « 100 Blacks in Law Enforcement Who Care », en faveur de la réforme du système pénal.

« Le mensonge est à l’origine même de notre formation. À l’académie de police, on dit aux recrues qu’elles ne doivent pas voir les Noirs ou les Blancs comme différents, mais nous le faisons tous. Nous n’avons pas créé ce scénario, mais nous devons surveiller ce scénario. Nous devons donc être honnêtes et en parler », avait-il confié au New-York Times en 1999. Une position qui est resté inchangée depuis le mouvement Black Lives Matter, et les nombreuses manifestations liées à la mort de George Floyd en 2020. Bien qu’il se définisse comme un militant antiraciste il a refusé de s’allier au mouvement progressiste qui souhaite réduire les fonds de la police en réaction aux brutalités policières. Pour lui, la solution est d’investir dans de meilleures formations pour les officiers. Une de ses nombreuses promesses de campagne.

Sur tous les fronts

En 2006, lorsqu’il s’est retiré de la police pour se présenter au siège de l’État de New York,  il a soutenu le mariage pour tous. En 2013 il a été le premier homme Noir à représenter l’arrondissement de Brooklyn, dans lequel il a œuvré pour l’amélioration du système éducatif. Qu’il lutte contre les rats, véritable fléau de la ville, ou la gentrification, ou qu’il devienne végétalien à la suite d’un diagnostic de diabète de type 2 en 2016, rien ne semble arrêter Eric Adams. Le nouveau visage de la Grosse Pomme prendra ses fonctions le 1er janvier dans une ville où plus de 34 500 personnes sont décédées de suites du Covid-19, et où l’économie est toujours en proie aux défis liés à la pandémie.

© Michael M. Santiago,in  Lacroix

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